Un refuge exceptionnel pour plusieurs espèces

Barn swallows are one of the species calling the Munitions Experimentation Test Centre home. Photo: Andrea Linja, Pixabay. *** Le hirondelle rustique est un de les espèces en peril vivant au le Centre d’essais et d’expérimentation en munitions de Nicolet. Photo: Andrea Linja, Pixabay

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Par Lidia Capece, Officier d’environnement adjoint – Garnison Montréal, Service conservation des ressources, Groupe de soutien de la 2e Division du Canada

Trois-Rivières, Québec — Des ornithologues amateurs s’y installent à proximité, munis de leur caméra avec téléobjectifs, dans l’espoir de prendre la meilleure photographie d’un oiseau migrateur en vol. La vue sur le Lac Saint-Pierre y est magnifique et on peut y observer une multitude d’espèces fauniques et floristiques. Non, il ne s’agit pas d’un parc national, mais bien du Centre d’essais et d’expérimentation en munitions de Nicolet (CEEM). Quel beau site où travailler pour les spécialistes en environnement !

Le CEEM est localisé sur la rive sud du Lac Saint-Pierre, à une dizaine de kilomètres au sud-ouest de la ville de Trois-Rivières et à environ deux kilomètres à l’ouest de la ville de Nicolet. Il occupe une superficie d’environ 20 km2.

Ce site est utilisé pour des essais d’homologation de munitions avant leur usage lors d’opérations militaires depuis 1952. À cette époque, les projectiles testés étaient tirés dans le Lac Saint-Pierre. Depuis 2000, pour des raisons de sécurité, les projectiles sont tirés vers cinq buttes d’arrêt. À noter que des travaux ont débuté en 2016 afin de retirer les munitions non-explosées du Lac Saint-Pierre.

L’utilisation de ce site par le ministère de la Défense nationale (MDN) a permis de préserver l’état naturel de la propriété. Au fil du temps, le territoire du CEEM a obtenu divers statuts de protection environnementale.

Par exemple, la propriété du CEEM de Nicolet a été désignée en 1982 comme étant un refuge d’oiseaux migrateurs. En 2000, une vaste partie du site a été considérée comme zone protégée du patrimoine naturel international et a été reconnue comme Réserve mondiale de la biosphère par l’Organisation des Nations-Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO). De plus, on trouve à l’extrême ouest de la propriété des étangs aménagés par Canards illimités Canada qui abritent l’habitat essentiel du petit blongios, une espèce en péril.

Le site héberge de nombreuses espèces de plantes, d’arbres, d’amphibiens, de poissons, de mammifères, de reptiles et d’oiseaux, dont certaines sont en péril. Le MDN a la responsabilité légale de protéger les espèces en péril présentes ou susceptibles d’être présentes sur ses propriétés en vertu de la Loi fédérale sur les espèces en péril. Parmi les 17 espèces en péril du CEEM, on trouve notamment le noyer cendré, l’hirondelle rustique, la petite chauve-souris brune, la chauve-souris nordique et le goglu des prés.

À noter aussi que la vaste majorité du territoire du CEEM est composée de terres humides qui sont aussi protégées selon la Politique fédérale sur la conservation des terres humides.

Considérant toutes ces composantes environnementales à protéger, les projets d’infrastructures de la Section des opérations immobilières Montréal (SOIM) au CEEM de Nicolet impliquent nécessairement la participation du service de l’environnement. En effet, que ce soit lors de la planification, la conception ou la réalisation des projets, différentes démarches sont entreprises par  la section environnement de la Garnison Montréal afin que les projets soient réalisés en respectant toute la réglementation environnementale. Cette collaboration avec la SOIM permet et permettra de préserver les espèces floristiques et fauniques de ce site exceptionnel.

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