Le Seigneur des anneaux de l’IMF accomplit un fort travail

Ryan Yeomans, a craftsman at FMF Cape Breton, works on a kisbee. ***Ryan Yeomans, artisan de l’IMF Cape Breton, fabrique une bouée de sauvetage Kisbee.

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Par Peter Mallet

Si vous vous êtes déjà interrogé sur le créateur des bouées de sauvetage Kisbee décoratives qui ornent les navires de guerre de la Marine royale canadienne et les unités de la BFC Esquimalt, vous n’êtes pas les seuls, d’après celui qui les fabrique.

Dans un studio d’art à l’Installation de maintenance de la Flotte (IMF) Cape Breton, l’artisan Ryan Yeomans fait des merveilles avec ces dispositifs de flottaison annulaire. Depuis douze ans, l’homme est responsable de la transformation de simples bouées de sauvetage en anneaux de cérémonie.

« C’est la première chose que vous voyez en traversant la passerelle d’embarquement d’un navire, mais la plupart des marins pensent qu’elle provient d’un entrepôt et qu’elle a été fabriquée dans une chaîne de montage. Ils ne sont pas conscients de l’ampleur du travail consacré à la création de ces bouées et du fait qu’elles ont été fabriquées à la main. »

C’est un processus compliqué et exigeant qui requiert un souci du détail continu, explique M. Yeomans.

Les bouées de sauvetage de plastique orange sont remplies de plastique expansé lorsqu’elles sont acheminées par le fabricant Aer-o-buoy à l’atelier.

Il retire la corde du fabricant fixé le long de la circonférence de l’anneau. Une corde épaisse et plus attrayante sera fixée ultérieurement à l’anneau par des travailleurs de l’atelier de cordes.

Ensuite, il nettoie l’anneau, le ponce, vaporise sur celui-ci un produit d’étanchéité époxydique et un vernis en polyuréthane avant de le recouvrir de quelques couches de peinture bleu marine et blanche. Il faut parfois attendre jusqu’à deux jours pour que la peinture et les couches de revêtement de protection sèchent.

À ce point-ci, on met en valeur les mains sûres de M. Yeomans.

Il trace soigneusement le contour du nom du navire ou de l’unité sur le ruban bleu qu’il a peint sur l’anneau. Il remplit les lettres à l’aide d’une colle-apprêt, attend une heure, le temps qu’elle sèche, puis applique des feuilles d’or 23 carats. C’est grâce à l’or lustré que les lettres sont mises en évidence, et c’est ce qui donne à l’anneau un tel attrait.

Après avoir suivi ces étapes, il ajoute une ombre portée et des feuilles d’érable.

« Pour accomplir cette tâche, on doit avoir une main sûre, et il faut souvent se fier à ses yeux, ajoute M. Yeomans. Il faut s’exercer et ce n’est pas quelque chose que l’on apprend du jour au lendemain. J’apprends d’année en année à perfectionner mes compétences. »

Il a approfondi ses connaissances à l’aide des conseils de Stu Guilbault, ancien travailleur de l’atelier de peintre de l’IMF qui est récemment parti à la retraite. M. Yeomans, 50 ans, a acquis une certaine expérience dans ce domaine; il a déjà travaillé pendant 16 ans en tant que spécialiste de la réparation de carrosserie, de la peinture, de la teinture par pulvérisation et de l’application de bandes dans divers ateliers de réparation de carrosserie.

Bien que la majeure partie de son travail soit axée sur des projets de peinture ordinaires, les bouées de sauvetage Kisbee constituent de loin l’aspect le plus satisfaisant de son emploi.

« C’est merveilleux de savoir que certaines de ces bouées de sauvetage Kisbee font le tour du monde à bord de nos navires de guerre, et cela me rend très fier de savoir que c’est moi qui les ai créées à la main », poursuit M. Yeomans.

La fabrication de bouées de sauvetage Kisbee est propre à Esquimalt. Sur la côte est, les bouées sont créés par ordinateur.

« C’est une technique de la vieille école que je souhaite ne jamais voir oublier », affirme-t-il.

Qu’y a-t-il dans un nom ?
Kisbee Rings porte le nom de l’inventeur Thomas Kisbee, né à Farcet, Huntingdon, en Angleterre, en 1792. Kisbee a été le premier lieutenant à bord du HMS Driver, le premier bateau à aubes à vapeur à faire le tour du monde (1842-1847) où son invention fut utilisée pour la première fois. L’utilisation pratique répandue des anneaux, alors fabriqués en liège, est devenue la norme lorsque la Royal National Lifeboat Institution de Grande-Bretagne a commencé à les utiliser en 1855. Au cours des dernières années, en raison de préoccupations liées à la sécurité des blessés ou des nageurs qui se trouvaient à proximité et qui faisaient plus de mal que de bien, l’anneau Kisbee Ring a été retiré progressivement en faveur de la bouée torpille.

 

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