Un soldat canadien survit à un « désastre » sur le mont Everest

Captain Chris Dare, who works as a dentist at the Dockyard Dental Clinic, was part of the UK-based 360 Expeditions climbing team the scaled the world’s tallest mountain from its Tibetan side. ***Le capitaine Chris Dare, dentiste à la clinique dentaire de l’Arsenal, faisait partie de l’équipe d’escalade 360 Expeditions du Royaume-Uni qui a escaladé la plus haute montagne du monde, en passant par la voie tibétaine

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Peter Mallett

D’après un soldat des Forces armées canadiennes, son instruction militaire a été essentielle à sa survie lors d’une ascension extrêmement périlleuse au sommet du mont Everest, laquelle s’est avérée mortelle pour l’un de ses coéquipiers.

Le capitaine Chris Dare, dentiste à la clinique dentaire de l’Arsenal, faisait partie de l’équipe d’escalade 360 Expeditions du Royaume-Uni qui a escaladé la plus haute montagne du monde la semaine dernière,  en passant par la voie tibétaine. Au cours d’une entrevue téléphonique le 29 mai depuis sa chambre d’hôtel au Tibet, le Capt Dare affirme que ce sont les expériences qu’il a vécues au sein des forces militaires qui ont tout changé pour lui, lui permettant d’atteindre le sommet de l’Everest et de rentrer au camp de base sain et sauf.

« Au sein des forces armées, je me suis déjà trouvé dans des situations de stress, j’ai vécu des périodes sans sommeil, j’ai connu l’épuisement, et j’ai été l’objet de tir dans des zones de combat. J’ai appris à me calmer, à réfléchir et à tenter de prendre la meilleure décision possible, au lieu de tout simplement me fier à ma réaction viscérale. »

Dans le message devenu viral qu’il a publié dans Facebook depuis le camp de base du mont Everest après avoir atteint la cime, le Capt Dare n’a pas célébré sa conquête du sommet de 8 500 mètres. Pourtant, celle-ci lui avait permis de réaliser son objectif, à savoir escalader les Sept Sommets du monde. Au lieu, l’homme de 35 ans a déploré la mort de Kevin Hynes, son coéquipier « bien-aimé ». Ce dernier est mort alors qu’il dormait sa tente, durant sa descente de la montagne, le 24 mai.

« Kevin était un Irlandais assidu remarquable, et c’est un privilège pour moi d’avoir fait sa connaissance et passé autant de temps avec lui, le Capt Dare écrit-il. Il n’a jamais fait étalage de ses réalisations en alpinisme et il traitait tout un chacun avec une telle gentillesse qui touche au cœur. Il me manque énormément. »

La mort du père de 56 ans et celle de dix autres alpinistes à la conquête de l’Everest ont fait les manchettes de journaux du monde entier.

Les deux hommes étaient membres d’une équipe de sept alpinistes expérimentés du Royaume‑Uni dont l’ascension a été réalisée dans des conditions hivernales périlleuses. Au cours de l’ascension de six semaines, le Capt Dare affirme que l’équipe est devenue une sorte de « famille ».

Le Capt Dare confie que M. Hynes ne se sentait pas bien et qu’il avait décidé d’abandonner son escalade, à 200 mètres du camp 3 situé à 8 300 mètres d’altitude. M. Hynes a opté pour la sécurité et le capitaine Dare lui a donné une tape dans le dos pour le consoler, alors que ce dernier descendait la montagne. Il a rendu l’âme quelques heures plus tard, sa mort tout probablement causée par le mal des montagnes.

Une aventure audacieuse

Sa plus grande préoccupation en matière de sécurité au moment d’entreprendre l’expédition n’était pas les défis que posaient les vents mugissants, la neige, la faible visibilité et le parcours difficile. C’était plutôt le fait d’être pris dans un embouteillage causé par des groupes d’alpinistes plus lents et de manquer d’oxygène dans ce qu’on appelle la « zone de la mort », soit les 848 derniers mètres de l’Everest.

Cette peur s’est concrétisée au sommet.

Son équipe s’est rendu jusqu’au camp de base au camp 1, situé sur la voie tibétaine de la montagne. Ici, elle a attendu que les conditions s’améliorent suffisamment pour qu’elle puisse atteindre le sommet. Le 23 mai, elle a profité de l’amélioration des conditions météorologiques pour gravir les 1 800 derniers mètres de l’Everest. Les grimpeurs n’étaient pas les seuls à se démener pour atteindre le sommet et bientôt, il y avait un embouteillage sur les trois sections verticales du parcours. Des vents violents, de la neige et des températures inférieures à ‑50 degrés Celsius n’étaient que quelques-uns des défis qu’ont dû relever les grimpeurs.

La file sans fin d’alpinistes a prolongé de plusieurs heures l’ascension et la descente. Pendant que les conditions météorologiques se détérioraient davantage, ces derniers peinaient à chercher leur souffle et vidaient leurs précieuses réserves d’oxygène. D’après le Capt Dare, il a fallu plus de onze heures et demie pour réaliser le parcours allant du camp 3 au sommet, lequel nécessite généralement entre six et neuf heures.

Il a abandonné l’idée de prendre une autophoto avec le guide sherpa Nuru, et a passé moins de dix minutes sur la cime.

« Je croyais réellement mettre ma vie en danger là-haut. J’ai eu du mal à rentrer au camp 3, mais j’y suis parvenu avec difficulté, grâce aux mots d’encouragement de Nuru. Je pensais à mes amis et à ma famille au pays et ne cessais de me répéter que je n’allais pas mourir ici aujourd’hui. »

Le danger auquel était confronté le reste de ses coéquipiers était omniprésent. Jamie Ironmonger a été obligé de prendre une décision difficile, soit d’abandonner son escalade, à peine une heure avant de parvenir au sommet, en raison de préoccupations liées à sa réserve d’oxygène. Un autre coéquipier, Arthur, et son guide sherpa Pema ont épuisé leur réserve d’oxygène à 8 600 mètres. Le Capt Dare explique que le duo serait mort sans l’aide d’un grimpeur sherpa qui leur a donné accès à sa réserve d’oxygène sur les flancs de la montagne.

« Chaque membre de l’équipe aimerait connaître l’identité de ce guide sherpa miracle, de sorte à pouvoir le remercier. »

En se rétablissant dans sa chambre d’hôtel située près de la frontière de la Chine, le Canadien confie que la première chose qu’il souhaite faire, après avoir retrouvé sa famille, c’est de manger de la bonne nourriture réconfortante, à savoir un gros burger et une grande portion de frites au restaurant A&W.

Il affirme que son excursion à l’Everest sera tout probablement sa dernière aventure d’escalade sur une montagne en haute altitude.

« Je me suis rendu compte que l’escalade de ces sommets de 8 000 mètres ne vaut peut-être pas le risque; c’est beaucoup trop dangereux. Je suis heureux d’avoir gravi les Sept Sommets, mais je compte arrêter d’escalader les montagnes très dangereuses. »

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