La Base des Forces canadiennes Shilo est reconnue pour ses efforts de conservation de la prairie

Members of 38 Canadian Brigade Group participate in the final attack scenario during Exercise BISON WARRIOR held at CFB Shilo, Manitoba, on August 21, 2015. Photo: MCpl Louis Brunet, Canadian Army Public Affairs AS01-2015-0023-002 ~ Des membres du 38e Groupe brigade du Canada participent au dernier scénario d’attaque dans le cadre de l’exercice BISON WARRIOR tenu à la BFC Shilo, au Manitoba, le 21 août 2015. Photo : Cplc Louis Brunet, Affaires publiques de l’Armée canadienne AS01-2015-0023-002

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Par Steven Fouchard, Affaires publiques de l’Armée

Shilo (Manitoba) – La gérance environnementale est une priorité permanente des Forces armées canadiennes. Bien que cela signifie souvent nettoyer les effets des activités sur leurs nombreux terrains d’entraînement, la situation à la Base des Forces canadiennes (BFC) Shilo est très différente.

Selon Sherry Punak-Murphy, biologiste de la base, à peu près la moitié du secteur d’entraînement d’environ 40 000 hectares constitue de la prairie, qui bénéficie des aspects destructifs des activités à la base.

« Nous causons des incendies, nous piétinons, et la prairie a besoin de perturbation », a‑t‑elle expliqué. « La situation à Shilo en est un bon exemple, car la base est située tout près d’un parc provincial où on ne déclenche pas d’incendies, et toute la prairie est en train de disparaître. Si certaines espèces végétales, comme le tremble, empiètent sur une prairie, il ne s’agit plus d’une prairie. »

« Ce n’est pas logique, mais de nombreux scientifiques sont venus ici pour effectuer des recherches et ils sont toujours impressionnés. »

Première base militaire canadienne reconnue pour ses efforts de conservation

Par conséquent, la BFC Shilo est la première base militaire au Canada à être reconnue comme « Autre mesure de conservation efficace par zone » (AMCEZ) par la Commission mondiale des aires protégées de l’Union internationale pour la conservation de la nature (IUCN).

Une AMCEZ se définit comme une zone géographique qui n’est pas protégée par règlement, mais qui « est réglementée et gérée de façon à obtenir des résultats positifs et durables à long terme pour la conservation ».

L’IUCN a été fondée en 1948 et compte actuellement 1300 membres dans 170 pays, y compris le Canada, ainsi que des organismes gouvernementaux et diverses organisations non gouvernementales.

« J’étais enthousiasmée par la reconnaissance, car de nombreuses personnes ne comprennent pas que nous ne faisons pas que faire exploser des choses », a affirmé Mme Punak‑Murphy. « Jusqu’à ce qu’elles soient sur les lieux, elles ne réalisent pas cela. »

Trois sortes de prairies à la BFC Shilo

Le secteur en question est principalement constitué de prairie mixte – l’une des trois sortes se trouvant dans l’ensemble des provinces des Prairies.

« Il y a également la prairie à herbes hautes, qui est un écosystème menacé », a expliqué Mme Punak‑Murphy. « Elle se trouve dans la région de Winnipeg. Les sols sont bien meilleurs, donc il s’agit de bonnes terres agricoles qui ont été labourées. La prairie mixte est la zone de transition entre la prairie à herbes hautes et à herbes courtes. »

Le cheminement vers cette reconnaissance internationale a commencé à l’échelle locale avec la province du Manitoba. Des représentants officiels ont survolé le secteur d’entraînement en hélicoptère en 2015, dans le cadre d’une autre initiative, et ont été impressionnés par ce qu’ils ont vu.

« L’un des représentants de la province était étonné. Il siège au comité qui établissait des AMCEZ et a recommandé Shilo en raison de ce qu’il avait vu. Si vous regardez sur Google Earth, vous verrez que nous sommes entourés de terres agricoles. Vous seriez en mesure de trouver la prairie. Il s’agit de la seule zone qui n’est pas entourée de cercles, car le reste du secteur est doté d’un système d’irrigation à pivot. Et ils ont creusé la prairie indigène pour y arriver. »

La prairie abrite 17 espèces en péril : plantes, oiseaux et insectes

Mme Punak-Murphy surveille également les animaux, les insectes et les plantes qui se trouvent dans la prairie. Le secteur d’entraînement de Shilo abrite 17 espèces considérées comme en péril, qui, selon la Loi sur les espèces en péril du Canada, signifie qu’elles sont en danger de disparition d’une zone particulière, mais continuent d’exister ailleurs.

« Nous avons des espèces d’insectes à la base, dans des secteurs de dunes », a‑t‑elle affirmé. « Les gens ont de la difficulté à croire que des espèces d’insectes sont considérées comme en péril, mais à l’échelle mondiale, nous constatons un déclin des espèces d’insectes, donc c’est bien qu’elles vivent dans nos secteurs. Nos espèces d’oiseaux de prairie ont également un refuge ici. On peut y trouver le pipit de Sprague, le Bruant à ventre noir et le Bruant de Baird, qui sont inscrits en vertu de la Loi sur les espèces en péril. »

L’unique lézard du Manitoba vit ici

Il y a ensuite ce que Mme Punak-Murphy désigne comme « espèce essentielle » de la BFC Shilo : le scinque des Prairies, qui est l’unique espèce de lézard au Manitoba.

« Nous ignorons comment il s’est rendu là, mais on le retrouve seulement dans certaines parties des États‑Unis et dans la région de l’aquifère du delta de l’Assiniboine, ce qui comprend la base. Un naturaliste de la région de Shilo a créé des parcelles de recherche dans les années 1960 et ces mêmes secteurs sont encore surveillés par un biologiste de l’Université Brandon. La surveillance du scinque est donc assurée depuis longtemps ici. »

Se décrivant comme « vétéran » à la BFC Shilo, Mme Punak‑Murphy a travaillé à la base pour la première fois comme stagiaire d’été après avoir terminé son baccalauréat en géographie à l’Université Brandon. Elle y est retournée pour occuper plusieurs postes temporaires jusqu’en 1996, au moment où elle est devenue employée permanente.

Les FAC jouent un rôle de champion de l’environnement et de la biodiversité

« Je suis ici depuis assez longtemps pour constater un changement dans l’attitude des Forces armées canadiennes envers l’environnement, et de la perception de la société quant à l’importance de l’environnement et de la biodiversité », a-t-elle expliqué.

« La base est un bon habitat pour la biodiversité en raison de l’entraînement. J’ai toujours dit que les forces armées ne sont pas un fardeau sur l’environnement ici. Elles jouent un rôle de champion pour l’environnement et la biodiversité au Manitoba. »

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