Le colonel honoraire de l’Armée canadienne « boucle la boucle » lors d’une visite en Iraq

A door gunner on a CH-146 Griffon helicopter watches vigilantly as they fly over a village during Operation IMPACT in Northern Iraq on November 23, 2016. Photo: Operation IMPACT, Canadian Forces Combat Camera IS03-2016-0043-008 ~ Un mitrailleur de porte à bord d’un hélicoptère CH 146 Griffon survolant un village surveille avec vigilance au cours de l’opération IMPACT, dans le nord de l’Irak, le 23 novembre 2016. Photo : Opération IMPACT, Caméra de combat des Forces canadiennes IS03-2016-0043-008

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Par Steven Fouchard, Affaires publiques de l’Armée

Ottawa (Ontario) – Depuis ses débuts dans ce rôle, il y a deux ans, le colonel honoraire de l’Armée canadienne (AC) Paul Hindo a visité a plusieurs reprises des soldats en déploiement à l’étranger.

Les lieux – dont l’Ukraine et la Lettonie – et les circonstances ont tous été différents, mais les soldats restent fidèles à eux-mêmes :

« S’il y a une chose qui ne change pas, c’est le professionnalisme, le dévouement et le dynamisme qu’ils apportent à chaque mission », affirme le col hon Hindo lors d’une entrevue récente. « J’ai constaté de nouveau lors de ces visites à quel point nos soldats sont bons et font de bons ambassadeurs. »

Le sujet principal de cette entrevue était son plus récent voyage, durant lequel il a observé les travaux courants effectués par l’AC en Iraq dans le cadre de l’opération IMPACT – la contribution courante du Canada afin de donner de l’instruction, des conseils et de l’aide aux forces de sécurité iraquiennes.

En définitive, souligne le col hon Hindo, l’Op IMPACT est un exercice « d’édification d’un pays ». C’est là une grande responsabilité et il dit que d’en avoir été le témoin l’a aussi touché sur un plan personnel : ce voyage constituait sa première visite en sol iraquien en tant que colonel honoraire depuis que sa famille a quitté le pays pour se faire une nouvelle vie au Canada en 1972, lorsque le col hon Hindo n’avait que 14 ans.

Plus bas, le col hon Hindo fait connaître sa perspective unique de l’Op IMPACT, ses impressions après avoir revisité sa patrie, et le grand respect accordé ici aux soldats canadiens.

Q1 Pourquoi vous a-t-on demandé d’accompagner le commandant de l’Armée, le lieutenant-général Jean-Marc Lanthier, en Iraq?

Comme je parle très couramment la langue du pays et que j’en comprends très bien l’histoire et la culture, je peux donner des conseils si le besoin s’en fait sentir. J’ai aimé voir l’expression sur le visage des Iraquiens chaque fois qu’on me présentait. Je disais « hello » en anglais, puis je disais la même chose en arabe.

Là-bas, l’un des commandants a toute de suite cerné que j’étais originaire de Bagdad par opposition au Nord dont il est issu. Je lui ai dit : « Vous êtes de Mossoul », ce à quoi il m’a répondu : « Vous êtes de Bagdad ». Il savait juste à mon accent.

Q2 Qu’entendiez-vous dire les représentants iraquiens au sujet du travail que les Canadiens font là-bas?

Ils étaient extrêmement ravis. Le message que j’ai entendu souvent est : « nous avons besoin de vous », et, encore plus important : « Nous vous respectons et vous faites une différence ». Ce sont-là les messages clés que nous avons reçus et que j’ai transmis à nos soldats.

Q3 Qu’est-ce que les soldats vous ont dit au sujet de leur expérience?

Outre certaines difficultés auxquelles ils sont confrontés – particulièrement la séparation de leur famille – ils sentaient tous, en définitive, que ça en valait la peine. Le Canada est grandement respecté et estimé, et tout ça est dû au professionnalisme de nos soldats. Non seulement sont-ils professionnels, mais ils en font beaucoup plus que le service exige pour faire en sorte que cette mission soit une réussite.

Ce que j’ai remarqué, c’est que tout le monde fait tout ici. Il n’y a pas de tâche trop grande ni trop petite pour nos soldats. Chacun y met du sien, quel que soit le problème. Les Iraquiens veulent la même chose que tout le monde : la sécurité, la paix, la prospérité. Et nous les aidons à obtenir ces choses.

Q4 Qu’est-ce que ça vous a fait de revenir en Iraq?

Chaque fois que je prononçais un discours, je disais : «  Nous ne sommes pas loin de là où je suis né. » À un moment donné, nous n’étions pas loin du village où mon père est né – mon père était général dans l’Armée iraquienne.

Quand l’avion volait au-dessus de Bagdad, j’étais ému. Nous avons quitté Bagdad en 1972, et j’ai atterri au même endroit, en qualité de colonel honoraire de l’Armée canadienne en 2019 – la boucle était bouclée.

Jamais je n’aurais pu imaginer revenir en Iraq à titre officiel, revêtu de l’uniforme d’un soldat canadien.

C’était très émouvant pour moi. Et cela a confirmé tout ce que je crois au sujet du Canada – c’est un pays fondé sur la méritocratie qui accueille la diversité. C’est un pays où vous pouvez aller aussi loin que vos capacités et vos ambitions vous porteront.

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