Missie à la rescousse : une chienne d’assistance au Quartier général de l’Armée canadienne pour détecter les problèmes de santé

Stephen Holton, Deputy Information Systems Security Officer for the Canadian Army with his service dog, Missie during a pause in her twice-daily walks in downtown Ottawa on June 14, 2019. ***Stephen Holton, officier adjoint de la sécurité des systèmes d’information de l’Armée canadienne avec sa chienne d’assistance, Missie, lors d’une pause au cours d’une de ses deux promenades quotidiennes au centre-ville d’Ottawa, le 14 juin 2019.

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Par Lynn Capuano, Affaires publiques de l’Armée de terre

Ottawa (Ontario) — Une chienne, dont les ancêtres ont protégé des soldats romains sur le champ de bataille, veille maintenant sur un soldat retraité de l’Armée canadienne (AC).

En mai 2019, Stephen Holton, officier adjoint de la sécurité des systèmes d’information de l’AC, a commencé à amener Missie, sa chienne d’assistance âgée de sept mois, avec lui à son travail, au Quartier général de l’Armée canadienne à Ottawa.

Missie, une chienne noire et blanche issue du croisement entre un grand danois et un mastiff italien, arbore l’écusson du Quartier général de l’Armée sur son gilet de service. C’est une chienne d’assistance de sixième génération élevée par une amie de longue date de M. Holton, Kim Callaghan, d’Edmonton, en Alberta, éleveuse d’animaux pour les vétérans, les premiers intervenants et autres.

Le nom complet de Missie est en fait Missile, en raison de son entrée rapide dans le monde en décembre 2018. Elle est la première née d’une portée de sept chiots, tous maintenant en formation pour devenir des chiens d’assistance.

Les problèmes de santé de M. Holton, qui n’ont pas été occasionnés par son service, sont en grande partie maîtrisés. Il souffre de plusieurs complications dues à son diabète, auxquelles s’ajoutent des crises de nature non épileptique causées par un accident vasculaire cérébral. Ces crises ne s’étant pas produites depuis deux ans, la tâche de Missie consiste principalement à se concentrer sur l’aspect diabète.

Holton a servi 12 ans au sein de l’AC; il est retourné à la vie civile depuis environ 22 ans. À ses débuts, il intègre l’infanterie de la Réserve de l’Armée en se joignant au Hastings and Prince Edward Regiment à Belleville, en Ontario, avant de devenir officier d’infanterie. Six ans plus tard, il est muté à la Force régulière au sein de la branche des communications et du génie, puis devient capitaine dans le Corps des transmissions. Au cours de sa carrière militaire, il participe à un certain nombre d’opérations au Canada.

Il obtient Missie grâce à Paws for Veterans, un organisme basé au commandement de la Légion royale canadienne de la Saskatchewan, à Regina, qui a aidé à la formation de 25 équipes de chiens d’assistance depuis 2014 et effectue un suivi périodique pour assurer une formation continue.

Certains chiens d’assistance sont dressés par un tiers avant d’être remis à leur nouveau propriétaire, mais cela peut coûter jusqu’à 25 000 $ par chien.

Avec l’aide de Brittany Toth, une dresseuse de chiens professionnelle de Lethbridge, en Alberta, M. Holton forme lui-même Missie à reconnaître les déclencheurs, notamment les odeurs, qui avertiront le chien que son taux de sucre dans le sang a trop baissé ou qu’il est sur le point d’avoir une crise.

Assurer lui-même la formation de Missie, lui permet non seulement de faire des économies, mais également de tisser un lien plus étroit avec elle.

Taille et lignée de Missie

Même si Missie est déjà aussi grande qu’un labrador retriever, sa croissance est loin d’être terminée. De par sa lignée, ce chiot géant est un quart grand danois et trois quarts mastiff italien, et est susceptible d’atteindre un poids allant de 52 à 58 kilogrammes (de 115 à 130 livres) et une taille de 86 centimètres (34 pouces) une fois à l’âge adulte.

Pourquoi choisir un chien aussi gros? « Si jamais je suis désorienté ou si je tombe, j’ai besoin d’un chien assez gros qui puisse me traîner en sécurité si je suis en danger », a expliqué M. Holton.

Reconnus pour leur nature amicale mais protectrice, les mastiffs sont une race ancienne, selon Mme Callaghan. Bien qu’à l’origine la protection des soldats romains au combat ait été leur principale mission, les mastiffs sont aujourd’hui d’excellents compagnons pour les familles et de remarquables chiens de garde.

Les grands danois, une race également ancienne, sont loyaux et doux envers leurs propriétaires, en dépit de leurs antécédents de chasseurs de sangliers rapides et puissants. Avant l’époque des armes à feu, ils pouvaient retenir le sanglier pour que leurs maîtres le tuent.

Calme, tranquille et non pas un « âne baveux »

Missie n’est pas un chien débordant d’énergique, elle est particulièrement calme lorsqu’elle est à l’intérieur et se contente de se coucher aux pieds de son maître ou de se cacher sous son bureau. Elle aboie rarement, sauf pour prévenir de la présence d’intrus ou dans d’autres situations inhabituelles.

« Un autre membre de l’Armée canadienne de Trenton a un chien, le frère de Missie. Une des seules fois où j’ai entendu Missie aboyer, c’est lorsqu’elle a entendu son frère aboyer sur une vidéo », a déclaré M. Holton.

Un autre aspect positif de ce croisement est que les chiens bavent moins que le mastiff ou le grand danois. Ayant déjà possédé un mastiff français qu’il adorait, M. Holton connaît bien le sujet. Il a dit qu’il avait l’habitude de l’appeler « l’âne baveux ».

Réussite avec la formation en ligne et la formation pratique

Mme Callaghan fait remarquer que l’intention est d’utiliser des techniques de formation modernes pour développer davantage les capacités innées des chiens qu’elle élève.

Mme Toth, une dresseuse de chiens indépendante, a commencé à participer à la formation des chiens d’assistance il y a environ cinq ans. Désormais, elle fait bien plus que de s’occuper seulement de la formation, elle aide aussi d’autres personnes à donner de la formation et crée du matériel et des programmes de formation, dont certains sont offerts à M. Holton et à d’autres équipes de chiens d’assistance au moyen d’une application en ligne.

Elle est mandatée par Paws for Veterans afin d’aider à la formation de Missie.

« À ce jour, j’ai 12 chiens qui travaillent, dont beaucoup n’ont plus besoin de mon aide, que je surveille à distance et que je suis chaque année. Certains ont besoin d’aide supplémentaire, je fais donc un suivi hebdomadaire et effectue un contrôle visuel tous les trois mois. »

« Pour les gens, le fait d’avoir quelqu’un qui leur parle et leur donne des suggestions pour aider à atténuer le comportement aide à réduire les problèmes; parfois, tout ce qu’il faut, c’est une technique différente. Ils savent qu’ils ont quelqu’un à qui parler et je peux leur expliquer tout cela. Ils doivent suivre un programme adapté à leurs besoins et à celui de leur chien, en tenant compte des stades d’apprentissage du chien et de ce qu’il est capable de faire », a déclaré Mme Toth.

Formation pouvant durer jusqu’à trois ans

Missie en est à sa phase d’obéissance et de socialisation de base, qui durera environ trois mois. Une partie de cette formation vise à la désensibiliser à de nouvelles situations comme la circulation dense, les autobus, les trottoirs achalandés, les pièces pleines de personnes et les ascenseurs.

Les personnes alentour ne doivent pas parler à un chien d’assistance, le caresser ni le distraire de quelque façon que ce soit pendant qu’il est en service sans demander d’abord la permission au maître, car il ne doit pas essayer de chercher à attirer l’attention pendant qu’il travaille. Il doit apprendre à ne répondre qu’aux ordres de son maître-chien.

Holton s’attend à ce que Missie soit formée comme chien d’assistance de base d’ici un an, mais sa formation spécialisée pour le diabète et la détection des crises prendra de deux à trois ans.

« Pour la formation relative au diabète, ce que je dois faire, c’est de lui donner des échantillons de prélèvements faits dans ma bouche lorsque je présente différents taux de glycémie afin qu’elle réagisse comme je le veux selon que je suis en hypoglycémie ou en hyperglycémie. Comme vous pouvez l’imaginer, il faudra déployer beaucoup d’efforts pour qu’elle sente l’odeur de ces échantillons et qu’elle fasse le lien avec moi », a expliqué M. Holton.

« J’ai des chutes de glycémie importantes qui surviennent de façon brutale et inattendue », a-t-il ajouté. « Les plus dangereuses peuvent se produire au milieu de la nuit. Je passe d’un sommeil profond à la sensation soudaine que je viens de courir un marathon : c’est terrifiant et désorientant. Je ne peux même pas parler quand je me réveille dans cet état et je dois désespérément essayer de me nourrir alors que je suis pris de tremblements et que j’ai une vision tubulaire. Missie me réveillera avant que cela ne se produise. »

Conseils aux personnes qui ont besoin d’un chien d’assistance

Holton a essayé à deux ou trois autres reprises de trouver un chien d’assistance, sans succès.

« La première étape pour obtenir un chien d’assistance est d’avoir une recommandation formulée par un professionnel de la santé, quel qu’il soit, ce qui peut aller d’un psychologue à un omnipraticien en passant par un endocrinologue, comme dans mon cas », a-t-il dit.

« Vous devez aussi trouver une personne qui forme des chiens pour évaluer si vous avez la capacité de former un animal ou non, ainsi que d’en prendre soin et de le gérer. Si vous n’avez jamais pris soin d’un chien auparavant, cela peut être un choc. De plus, former ces bêtes pour qu’elles deviennent des chiens d’assistance demande beaucoup plus d’efforts. »

« Le plus difficile, c’est de trouver une organisation qui propose des chiens d’assistance. Bon nombre de ces organisations sont connues par le bouche à oreille », a-t-il déclaré.

Mme Toth est d’accord et fait remarquer qu’il est important de trouver un chien qui correspond à une famille et à un mode de vie particuliers, et que la formation pour répondre à des besoins spécifiques peut être difficile.

« Choisir une race parce qu’elle vous plaît ou parce qu’elle est jolie ne fonctionne pas. »

« Parlez à d’autres personnes qui ont des chiens d’assistance », conseille-t-elle. « Ils peuvent vous orienter dans la bonne direction et vous donner des conseils et des indices sur les endroits où aller et les personnes à rencontrer. »

Pour le moment, Missie apprend à accompagner M. Holton au gymnase et au restaurant.

« Il lui faut de 15 à 20 minutes pour s’installer partout où je l’emmène, ensuite, il ne reste plus qu’à endurer son ronflement », dit-il.

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