L’importance de l’instruction préalable au déploiement des équipages

A sailor checks the temperature of the motor bearing onboard HMCS YELLOWKNIFE during Operation CARIBBE on April 10, 2019. Photo: Captain Annie Morin XC54-2019-0008-075 ~ Un marin vérifie la température du moteur de traction à bord du NCSM YELLOWKNIFE, au cours de l’opération CARIBBE, le 10 avril 2019. Photo : Capitaine Annie Morin XC54-2019-0008-075

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Par le capitaine Annie Morin, officier des affaires publiques de l’opération CARIBBE

À noter : Les NCSM Yellowknife et Whitehorse ont terminé leur déploiement pour l’Op CARIBBE. Le déploiment actuel a commencé le 24 juin 2019.

 

Avez-vous déjà pensé à ce qu’il faut accomplir avant de partir en déploiement à bord d’un navire opérationnel? On se rend compte rapidement qu’il y a plusieurs étapes à franchir avant qu’un navire puisse partir pour une mission précise dans l’environnement maritime. Mais en mer, sur la terre ou dans les airs, les missions ont toutes ceci en commun : il faut suivre une instruction préalable.

La mission de la Marine royale canadienne est de préparer des forces navales efficaces au combat et capables d’appuyer les intérêts canadiens au pays et à l’étranger. Pour y parvenir, elle doit organiser un grand nombre d’entraînements. Dans le cas des navires canadiens de Sa Majesté (NCSM) Yellowknife et Whitehorse, les plus récents participants de l’opération CARIBBE, ils devaient tous les deux atteindre un haut niveau de préparation en vue de leur déploiement.

Mais qu’entend-on par « préparation »?

Eh bien, cela peut signifier deux choses différentes dans l’environnement maritime : la préparation individuelle ou la préparation collective. La préparation individuelle se passe d’explication. Il s’agit de l’instruction que doivent suivre les marins pour accomplir leurs tâches, ce qui comprend autant les cours de qualification professionnelle que le maniement des armes, le secourisme et la lutte contre les avaries. Autrement dit, il s’agit de la formation qui est nécessaire pour que les marins soient pleinement employés dans leur groupe professionnel et dans leur grade en vue d’accomplir la mission du navire.

L’instruction collective, par contre, fait référence à la formation que doit suivre l’équipage du navire afin de pouvoir accomplir la mission qui lui a été confiée par le gouvernement du Canada. Chacun des navires doit atteindre un certain niveau de préparation, allant de la disponibilité opérationnelle sur long préavis, ce qui comprend une période en cale sèche, à la disponibilité opérationnelle élevée.

Ces niveaux font référence aux capacités globales des navires et sont déterminés en fonction des tâches assignées. Cela signifie qu’un navire peut participer ou non à des opérations en particulier selon son niveau de disponibilité opérationnelle. L’état de préparation peut changer en fonction des besoins, état que devra ensuite maintenir le navire.

« L’instruction collective est cruciale pour le navire, afin de s’assurer que toutes les sous-équipes sont en mesure d’accomplir leurs tâches particulières en même temps que les autres sous-équipes. Leur capacité à travailler ensemble permet de déterminer l’état de préparation au combat du navire. Par exemple, l’équipe de protection de la force peut travailler de façon indépendante, mais elle peut aussi travailler conjointement avec l’équipe d’évacuation des blessés, l’équipe de navigation, l’équipe chargée d’envoyer les avertissements (pour évaluer les menaces) et l’équipe de lutte contre les avaries (pour gérer les dégâts causés par les actions de l’ennemi). Chacune de ces équipes a reçu une formation distincte de deux mois en prévision du déploiement. Il y a une corrélation directe entre l’entraînement et l’efficacité globale du navire », explique le capitaine de corvette (Capc) Donald Thompson-Greiff, commandant du NCSM Yellowknife.

Il faut déployer des efforts considérables pour préparer un navire à une opération. Cela exige la participation d’autres organisations pour assurer le respect des normes établies. L’organisation chargée d’assurer ce respect est le Groupe de l’entraînement maritime. Ce dernier soumet les navires à un entraînement rigoureux sous forme d’« exercices de préparation au combat », qui servent à évaluer systématique l’équipement du navire, la capacité de l’équipage à utiliser cet équipement et sa capacité à travailler en équipe. Cette évaluation porte autant sur le matelotage de base nécessaire à l’exploitation du navire que sur la capacité de l’équipage de lutter efficacement contre les avaries, telles que les incendies et les inondations.

Le Capc Thompson-Greiff nous a expliqué ses priorités en matière d’instruction en tant que commandant, comme la connaissance du navire.

« Il faut avoir une connaissance de base. Ensuite, chacune des sous-équipes doit maîtriser ses responsabilités, comme la lutte contre les avaries, la navigation ou la protection de la force. Le dernier aspect est l’instruction collective de l’équipage du navire. J’aborde cela par étape, du plus simple au plus complexe. L’ordre de priorité pour le Yellowknife est notre capacité à flotter, à nous déplacer et à combattre », a-t-il expliqué.

Pour être considérés comme prêts à partir en mer, les navires doivent suivre ce programme et s’efforcer d’atteindre le niveau de préparation qui leur a été assigné. Les équipages reçoivent ensuite une instruction propre à la mission.

Dans le contexte de l’opération CARIBBE, cela comprend les opérations d’arraisonnement, les fonctions de commandement et contrôle, et la gestion du renseignement. Une fois qu’un navire respecte les normes établies par Groupe de l’entraînement maritime, il peut partir en déploiement pour remplir la mission qui lui a été assignée.

Le Yellowknife et le Whitehorse accueillaient tous les deux un détachement d’application de la loi de l’United States Coast Guard (garde côtière américaine), dont le rôle était d’arraisonner les bateaux soupçonnés de contrebande de stupéfiants. Bien que des instructions permanentes d’opération (IPO) dictent le mode de fonctionnement de chacune des équipes, il faut de la pratique pour assurer une intégration et un fonctionnement harmonieux. Prenons l’exemple de la formation au guidage transhorizon pour les opérations d’arraisonnement. Dans cette situation, une petite embarcation et son navire d’appartenance doivent travailler ensemble sans se voir pour intercepter une cible d’intérêt. Pour s’assurer que l’opération produira l’effet souhaité, l’entraînement peut inclure des discussions sur la façon dont se déroulera l’opération, des briefings, la révision des IPO et un exercice réel. Cela fait partie de l’instruction collective qui a lieu en mer.

Pour en revenir à l’instruction individuelle, il s’agit de satisfaire à des exigences de rendement au travail. Les superviseurs évaluent et surveillent l’accomplissement de tâches définies par les établissements d’instruction de chacun des groupes professionnels. Pour savoir si une personne satisfait à ces exigences, on peut évaluer ses connaissances sur un sujet précis ou sa capacité à exécuter une tâche en particulier. Par exemple, les officiers de guerre navale qui travaillent comme officier de quart doivent prouver qu’ils peuvent effectuer un tir de canon. Cette tâche comprend le choix des cibles, la détermination des menaces, l’évaluation des dommages collatéraux et l’emploi de la force mortelle en utilisant les armes efficacement.

À bord des navires, c’est le commandant en second qui agit à titre d’officier de l’instruction; c’est donc lui qui veille à ce que l’instruction collective soit suivie. Chaque navire doit remplir des exigences en matière de préparation au combat, sous la supervision du Groupe de l’entraînement maritime et des responsables la disponibilité opérationnelle de la Force maritime. Ces exigences doivent être revues régulièrement, étant donné qu’elles viennent à échéance au fil du temps. Les équipages doivent entre autres participer à des présentations, à des exercices et à des séances de tir à l’arme légère. Le commandant en second accorde la priorité à certains aspects de l’instruction en fonction de l’intention du commandant pour la mission. L’équipage en prend ensuite connaissance dans l’horaire quotidien d’entraînement du navire, appelé FLEX.

Accueillant 45 personnes, ce qui comprend les membres de la garde côtière américaine, le NCSM Yellowknife participe actuellement à un déploiement avec le NCSM Whitehorse dans le cadre de l’opération CARIBBE, la contribution canadienne à l’opération MARTILLO, une initiative de la Joint Inter-Agency Task Force des États-Unis visant à mener des opérations intégrées et internationales de détection et de surveillance, et à favoriser la répression du trafic de stupéfiants illicites.

 

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