L’entretien des hélicoptères au Mali

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Par Dawnieca Palma, Affaires publiques du Commandement des opérations interarmées du Canada

 

Sur une carte du monde standard, le Mali se trouve juste au‑dessus de l’équateur. Le soleil plombe sur un paysage subtropical, inondant jungle et désert de sa chaleur. De façon saisonnière, des tempêtes de vent se déchaînent aussi dans le pays et compliquent grandement les opérations des soldats du maintien de la paix participant à la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA).

Depuis un an, des membres des Forces armées canadiennes (FAC) fournissent un soutien en matière d’évacuation sanitaire à la MINUSMA, dans le cadre de l’opération PRESENCE. Les trois hélicoptères CH‑147 Chinook et les cinq hélicoptères CH‑146 Griffon qui les accompagnent nécessitent un entretien minutieux, comme tout bon véhicule.

Le caporal (Cpl) Chris Smith, technicien d’entretien du bataillon de Chinook, et l’adjudant (Adj) Daniel Allaire, surintendant de l’entretien des hélicoptères Griffon et responsable de l’inspection, expliquent comment les aspects uniques du climat malien influencent l’entretien des appareils au Camp Castor à Gao, au Mali.

Le premier aspect qu’ils mentionnent est la chaleur. En raison de cette dernière, la plupart des travaux d’entretien des aéronefs sont habituellement effectués la nuit. Deux équipes s’en occupent sur une période de 24 heures. Cependant, le quart de nuit fait l’essentiel de l’entretien préventif et correctif, parce qu’il fait trop chaud pendant la journée, même à l’intérieur du hangar climatisé.

À la chaleur s’ajoutent des vents forts et des nuages de poussière. « C’est difficile à imaginer, mais il y a beaucoup de poussière dans l’air ici. Même dans le bureau avec la porte fermée, la poussière pénètre », décrit l’Adj Allaire. Cela représente l’un des plus grands défis en ce qui concerne l’entretien des hélicoptères, en raison des dommages qu’il peut en résulter si une réaction se créer au contact des huiles ou des composantes électroniques.

« C’est très poussiéreux, alors nous devons être très vigilants lorsqu’il s’agit d’inspecter certaines composantes à bord des aéronefs », poursuit le Cpl Smith.

Pour atténuer ce problème, les techniciens de l’Aviation royale canadienne nettoient les aéronefs environ toutes les cinquante heures. « Normalement, nous fermons tout, nous scellons l’hélicoptère et nous utilisons une laveuse à pression », explique le Cpl Smith. « C’est la même chose que pour la voiture, donc ça prend généralement trente ou quarante minutes. »

Les équipes d’entretien se préparent à la saison du haboob, une période de l’été durant laquelle les tempêtes de sable et de vent sont fréquentes. Au cours de cette saison, les risques de dommages aux aéronefs augmente si on n’assure par leur entretien correctement.

Le Cpl Smith explique comment la saison du haboob peut endommager un aéronef. « En gros, l’aéronef se fait sabler, mais tout ce qui traîne dans les parages va aussi être soulevé », commente-t-il. « Ça pourrait endommager le pare-brise ou une pale de rotor. Nous voulons juste que tout soit à l’intérieur, à l’abri des éléments. »

Pour éviter ce problème, les équipes essaient de garder les hélicoptères de réserve dans le hangar lorsque c’est possible. Les appareils servant aux évacuations sanitaires restent toutefois sur la boucle, une zone à l’extérieur du hangar où les aéronefs sont placés pour en faciliter l’accès et le vol.

Environ une demi-heure avant une tempête, l’équipe d’entretien reçoit normalement un appel radio des techniciens en météorologie. Ensuite, une équipe déplace les aéronefs vers le hangar. Il s’agit de limiter leur exposition aux éléments.

« Nous envoyons habituellement six personnes, deux par hangar, pour fermer les portes », explique le Cpl Smith au sujet du processus pour l’hélicoptère Chinook. « Une équipe complète qui remorque un Chinook comprend le chauffeur, deux ailiers et une personne qui tient l’appareil pour empêcher les pneus de bouger accidentellement. Et d’habitude, si c’est juste à l’extérieur du hangar, on peut le faire en moins d’une minute et demie. »

L’Adj Allaire explique davantage le processus : « Dans le pire des cas, ça prendrait environ de 25 à 26 minutes. » En temps normal, il faut cependant environ 16 minutes pour remorquer tous les aéronefs. Ensuite, l’équipe attend à l’intérieur du hangar jusqu’à ce que la tempête de sable se dissipe.

L’entretien de ces appareils dans les conditions météorologiques du Mali exige un travail d’équipe et de l’entraînement. Les membres des FAC s’entraînent constamment, améliorant ainsi leur vitesse et leur synchronisme dans l’exécution de leurs procédures.

La chaleur extrême, la poussière épaisse et les tempêtes de sable saisonnières peuvent être dangereuses. Par conséquent, l’équipe d’entretien du Camp Castor se soucie avant tout de la sécurité de son personnel. « Notre principale préoccupation est la sécurité », déclare l’Adj Allaire. « Travailler avec des aéronefs est toujours délicat; nous ne voulons mettre en danger la sécurité de personne. »

 

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