Les FAC ont franchi une étape important de RSR

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Rédigé par Jessica Desjardins, Centre de renseignement de ciblage interarmées (CRCI)

 

Les analystes d’imagerie vidéo du Centre de renseignement de ciblage interarmées (CRCI) posent pour une photo.

 

Le 9 mai 2019, les Forces armées canadiennes (FAC) ont franchi une étape importante dans le développement de leur capacité de renseignement, surveillance et reconnaissance (RSR) et de ciblage.

Pour la toute première fois, elles ont reçu un flux de vidéo plein écran provenant d’un aéronef télépiloté à l’étranger et l’ont analysé à partir d’Ottawa, plutôt que dans un contexte de déploiement. Le nouveau Centre de renseignement de ciblage interarmées (CRCI) relevant du Commandement des opérations interarmées du Canada (COIC) a mené une mission de neuf heures pour le compte de la Force opérationnelle interarmées multinationale de l’opération INHERENT RESOLVE, une coalition qui lutte contre la menace posée par l’EIIS en Irak et en Syrie. Depuis, d’autres missions ont eu lieu régulièrement.

En règle générale, le processus de traitement, d’exploitation et de dissémination (TED) que suivent les analystes d’imagerie vidéo du CRCI comportent plusieurs éléments. Par exemple, cela comprend l’analyse en temps réel du flux de RSR, la communication immédiate des informations essentielles au théâtre et la production d’un rapport de fin de mission pour la coalition concernée.

Les analystes d’imagerie vidéo sont essentiels aux missions de RSR aéroportées. Ils recueillent d’énormes quantités de données brutes et les convertissent en renseignement ayant une utilité immédiate pour le théâtre.

Grâce aux progrès technologiques, aux télécommunications par satellite et à un système de transmission robuste par fibre optique, le COIC, en misant sur le TED des vidéos plein écran par le CRCI à Ottawa, est en mesure d’analyser des images vidéo de haute définition qui sont recueillies à l’autre bout du monde.

À une époque où il y a plus de capteurs qui recueillent les données que d’analystes pour les traiter, la capacité de faire appel à un lien arrière de cette nature est particulièrement précieuse pour les FAC, car le travail peut maintenant s’effectuer à Ottawa plutôt que dans le théâtre. Les ressources en forte demande comme les analystes d’imagerie vidéo peuvent être concentrées dans un seul endroit pour mieux servir les commandants aux niveaux opérationnel et tactique, sans qu’il soit nécessaire d’augmenter le nombre de militaires déployées en théâtre pour faire le même travail. Cette capacité, qui s’intègre très bien au CRCI, a notamment le mandat de soutenir deux opérations majeures grâce à la définition de cibles délibérée avant l’activation du théâtre et durant les opérations.

Les analystes d’imagerie vidéo du COIC appuient la protection de la force, la définition des cibles et l’évaluation du combat. Ils exploitent la puissance d’une approche fédérée du TED des vidéos plein écran, selon laquelle des centres similaires dispersés dans différents emplacements géographiques sont chargés d’appuyer une série de missions pour soutenir les opérations des FAC et des coalitions.

Bien que l’analyse de l’imagerie vidéo soit une capacité de renseignement, elle n’est pas exclusivement réservée aux personnes qui travaillent dans la Branche des services du renseignement. Le centre de TED des vidéos plein écran du CRCI est actuellement représenté par des membres de la Forces régulière et de la Force de réserve des trois armées, ainsi que par des spécialistes du renseignement, des artilleurs, des opérateurs de détecteurs électroniques (Marine) et des officiers du contrôle aérospatial, de même que par des entrepreneurs.

Bientôt, cette vaste base de connaissances professionnelles sera élargie grâce à l’ajout d’analystes d’imagerie vidéo provenant du Service du génie et du Corps blindé, ainsi que de fonctionnaires. Les militaires du rang qui effectuent cette analyse travaillent par quart de 12 heures au sein d’une petite équipe.

Le souci du détail, une bonne compréhension des exigences tactiques et la résilience mentale sont primordiales. Les différences de fuseau horaire, les conditions météorologiques du théâtre d’opérations et les difficultés techniques posés par les aéronefs télépilotés sont des problèmes persistants que l’équipe doit surmonter. Elle doit demeurer souple pour s’adapter aux changements fréquents de client, de mission et de zone d’opérations.

Le chef d’état-major de la défense, le général Jonathan Vance, a présidé l’ouverture officielle du CRCI en octobre 2018. Depuis, l’unité n’a cessé d’évoluer, renforçant la capacité du commandant du COIC à influencer l’espace de combat. L’appétit des commandants à tous les niveaux pour une meilleure fidélité tactique indique que le TED des vidéos plein écran est en pleine expansion au sein des FAC. La mise en œuvre du projet lié au système d’aéronef télépiloté de l’Aviation royale du Canada, dont le lancement est prévu entre 2025 et 2030, ne fait qu’accroître davantage cette demande.

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