L’OTAN et les Forces armées canadiennes

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Avant même la signature du Traité de l’Atlantique Nord, le Canada figurait parmi les premiers défenseurs d’intérêts publics en ce qui concerne les accords régionaux en matière de défense. M. Lester Bowles Pearson, secrétaire d’État canadien aux Affaires extérieures à l’époque, a négocié le Traité. Par ailleurs, l’article 2 a été surnommé « article canadien ». Dans une allocution connexe, M. Pearson a affirmé que « nous devons, bien sûr, nous défendre, et voilà l’objet premier de notre pacte; cependant, en se faisant, nous ne devons pas oublier que nous organisons désormais une force qui favorise la paix, de sorte que la paix puisse un jour être préservée sans avoir à recourir à une telle force. »

Quelques années après la mise sur pied de l’OTAN, le Canada a dépêché un groupe-brigade mécanisé en Allemagne de l’Ouest, où celui-ci est resté jusqu’en 1993. La 1re Division aérienne de l’Aviation royale canadienne a également été établie en Europe; elle comptait quatre bases en France et en Allemagne de l’Ouest. De plus, la Marine royale canadienne a apporté, elle aussi, une contribution à l’OTAN en affectant un navire à la Force navale permanente de l’Atlantique l’année même de sa création. Depuis lors, des Navires canadiens de Sa Majesté relèvent de groupes maritimes permanents OTAN.

Aujourd’hui, le Canada demeure un fervent partisan de l’OTAN et le pays s’engage à aider ses alliés. À l’heure actuelle, par exemple, cinq membres des Forces armées canadiennes prennent part à un déploiement au sein de la Force pour le Kosovo. De plus, quelque 540 membres de l’Armée canadienne sont basés en Lettonie, où le Canada est le pays-cadre du groupement tactique multinational robuste de la présence avancée renforcée. Au MoyenOrient, la mission de formation de l’OTAN en Irak est actuellement sous le commandement du major-général Fortin. Les Forces armées canadiennes et de nombreux autres alliés de l’OTAN appuient à tour de rôle les activités renforcées de police aérienne menées par l’OTAN. En outre, elles fournissent depuis mai 2014 une force opérationnelle aérienne dans le cadre de l’opération REASSURANCE. Enfin, les investissements dans la politique de défense du Canada de 2017 permettront au pays de consacrer 32 % de ses dépenses de défense en vue de l’acquisition de nouvel équipement majeur, ce qui dépasse la cible de l’OTAN fixée à 20 % des dépenses de défense annuelles.

En dehors du contexte de l’OTAN, le Canada envoie par rotation 200 militaires en Ukraine et il continuera de le faire jusqu’à la fin mars 2019. Dans le cadre de l’opération UNIFIER, plus de 5 000 stagiaires des forces armées ukrainiennes ont tiré parti de l’instruction offerte depuis août 2015. Depuis août 2014, le Canada fait également partie de la coalition mondiale contre Daech en Irak et en Syrie. Par ailleurs, au cours de l’opération IMPACT, le Canada a fourni des chasseurs CF18 Hornet, des ressources d’aviation tactique, des installations médicales de rôle 2, des instructeurs en matière de menace explosive, de même que des conseillers des forces spéciales. En moyenne, 850 membres des Forces armées canadiennes participent à cette opération au quotidien.

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Les Nations Unies sont un autre allié des Forces armées canadiennes dont la portée s’étend au-delà des frontières internationales. Même avant la constitution de cette organisation internationale, le Canada se trouvait parmi les signataires originaux de la Déclaration sur les Nations Unies. Le pays a ensuite été l’un des membres fondateurs des Nations Unies. Par après, Lester Bowles Pearson a été élu président de la septième séance de l’Assemblée générale. Lorsque la guerre de Corée a éclaté en 1950, on a établi le Commandement des Nations Unies. Le Canada lui a fourni un groupe-brigade, un groupe opérationnel naval et un escadron de transport aérien stratégique. La Commission d’armistice militaire du Commandement des Nations Unies a été établie en 1953 dans le but de superviser la mise en œuvre de l’armistice. Dès les débuts de la Commission, les Forces armées canadiennes y affectent un officier, ce qui fait de l’engagement le plus long engagement pris par le Canada envers les Nations Unies. L’année suivante, les premiers membres des Forces armées canadiennes devant servir au sein de l’Organisme des Nations Unies chargé de la surveillance de la trêve ont été envoyés. Quatre officiers prennent toujours part au déploiement, à savoir la contribution du Canada à cette opération de maintien de la paix. L’idée de la première opération armée de maintien de la paix, c’est-à-dire la Première force d’urgence des Nations Unies, a germé dans l’esprit de M. Pearson. En effet, ce dernier est considéré comme le père du concept moderne de maintien de la paix. Pour sa vision, il s’est vu décerner le prix Nobel de la paix en 1957. Dans sa politique de défense actuelle, le Canada s’engage fermement à accroître le soutien qu’il accorde aux opérations de paix des Nations Unies. Le Canada s’efforcera de fournir militaires canadiens et instruction en vue des opérations de paix des Nations Unies, tout en appuyant les efforts de réforme déployés par les Nations Unies dans le but d’accroître l’efficacité des opérations de paix. L’an dernier, les Forces armées canadiennes ont déployé une force opérationnelle aérienne qui a pris part à la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali. Au total, huit hélicoptères et environ 250 militaires soutiennent la mission en fournissant aux forces des Nations Unies une capacité d’évacuation sanitaire par moyen de ressources d’aviation.

Depuis 1985, le Canada apporte également son appui à la Force multinationale et Observateurs. Cette organisation internationale indépendante créée à la suite d’un accord entre la République arabe d’Égypte et l’État d’Israël exerce des responsabilités relatives au maintien de la paix dans le Sinaï depuis 1985. Environ 70 membres des Forces armées canadiennes sont basés en Égypte et agissent comme leaders clés du quartier général et experts dans les domaines de la logistique, du génie et de l’instruction.

L’un des rôles qui reviennent aux Forces armées canadiennes, c’est de défendre le Canada et d’aider à défendre l’Amérique du Nord dans son ensemble. La défense est assurée au moyen de plusieurs ententes et concepts. Entre autres, mentionnons le Commandement de la défense aérospatiale de l’Amérique du Nord (NORAD), fondé en 1958 pour assurer la surveillance de l’espace aérien et des approches maritimes de l’Amérique du Nord, de même que la défense de son espace aérien. Depuis la mise sur pied du NORAD, le poste de commandant adjoint a toujours été occupé par un officier général canadien. Pendant les années 1960, des chasseurs canadiens CF101 Voodoo interceptaient des bombardiers russes TU-95 Bear qui volaient près de la zone de séparation de l’espace aérien nord-américain. En 1979, le Canada a accepté de construire deux centres d’opérations régionaux relevant du système de surveillance conjointe. En 1985, des CF18 Hornet ont été affectés au commandement et depuis, ils prennent régulièrement part à des déploiements et à des missions d’interception et d’accompagnement de bombardiers russes Tu-95. Tout récemment, soit le 26 janvier 2019, un avion E-3 (système aéroporté de détection lointaine et de contrôle) de l’OTAN, deux F22 Raptor et deux CF-18 Hornet ont réussi à identifier et à intercepter deux bombardiers stratégiques russes Tu-160 Blackjack qui tentaient d’entrer dans la zone d’identification de la défense aérienne du Canada.

Les partenariats témoignent de l’engagement du Canada à collaborer avec ses alliés, ses partenaires et la communauté internationale en général dans le but de faire face à des défis communs en matière de sécurité et d’apporter une contribution importante à la sécurité et à la stabilité dans le monde.

 

 

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