Récit des FAC | Maître de la peinture et de la lutte anti-sous-marine

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Transcription

Eh bien, chaque talent est accompagné de son lot de stéréotypes. Je veux dire, j’ai une formation en art, alors lorsqu’il est question de cartes et de perception spatiale, j’ai déjà beaucoup de connaissances sur lesquelles je peux m’appuyer.

Et j’ai toujours excellé en mathématiques, ce qui m’aide aussi, puisqu’une très grande partie de notre travail dépend de notre capacité à faire des calculs rapides, à naviguer à l’estime ou à simplement vérifier que les nombres ont du sens quand on vole.

C’est donc une compétence sur laquelle je travaille depuis des années et que j’ai perfectionnée pendant ma carrière militaire en poursuivant mes études et en suivant des cours. Et c’est simplement lié au fait que mon cerveau est très doué dans ce domaine.

Je suis le capitaine Jennifer Bass. J’occupe le poste d’officier de systèmes de combat aérien et je travaille actuellement au 415e Escadron à Greenwood, en Nouvelle Écosse.

Avant de m’enrôler dans les FAC, j’étais (et je le suis toujours d’ailleurs) peintre à l’huile. Je faisais des livres d’artiste pendant mes études de premier cycle. Par la suite, je suis allée à l’Acadia Divinity College et j’y ai obtenu une maîtrise ès arts en théologie avec spécialisation en Bible hébraïque. Je fais actuellement une maîtrise ès arts en études canadiennes à l’Université de Saint Boniface, à Winnipeg.

L’Aurora est l’avion de patrouille à long rayon d’action du Canada, et notre spécialité est la lutte anti sous marine.

Nous menons nos patrouilles des deux côtés du pays, bien sûr, principalement au dessus des océans, mais nous sommes aussi entièrement capables de survoler la terre ferme. Nous avons donc amené l’Aurora au Koweït pour mettre à profit ses capacités de surveillance.

Nous effectuons généralement de très longs vols afin de recueillir des renseignements. Nous pouvons tout faire, qu’il s’agisse de patrouilles de surveillance des pêches ou de souveraineté dans le nord, ou encore d’opérations de lutte antidrogue.

J’ai certainement fait face à du sexisme dans le cadre de mon travail.

Quoique pas tant de la part de militaires, mais plutôt de la part de civils qui ne peuvent pas s’imaginer que nous sommes capables d’accomplir ce que nous faisons.

Ils sont nombreux à dire des choses comme : « Oh, ce n’est pas possible… Vous n’êtes pas assez fortes. »

Nous devons répondre aux mêmes exigences physiques. Nous allons au gym, nous faisons tout. Il n’y a rien, physiquement, que je suis incapable de faire au même titre que les autres.

Ou l’une des autres choses qu’ils disent, c’est que nous sommes trop émotionnelles. Cette affirmation est aussi ridicule, car mon travail n’a absolument rien à voir avec les émotions.

Je dirais donc aux femmes qui songent à s’enrôler d’absolument continuer à travailler fort dans les domaines des mathématiques et des sciences. Cette expérience vous sera vraiment très utile. Vous pensez peut être que non, mais je vous assure que ce sera vraiment le cas. Ça vous facilitera grandement la tâche et vous ouvrira beaucoup plus de portes à mesure que vous vieillirez et que vous commencerez à penser aux carrières que vous souhaitez entreprendre.

Ce ne sera pas facile. Ce sera intéressant. Ce sera difficile. Il y a des gens qui penseront que c’est ridicule, qui se fâcheront ou qui n’aimeront pas ce que vous faites, mais vous verrez que ça en vaut vraiment la peine.

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