Guerrière : la Ltv Anne Day

La lieutenant de vaisseau Anne-Marie Day
La lieutenant de vaisseau Anne-Marie Day à son poste de travail dans la salle des opérations du NCSM Montréal. Photo : AP de la MRC

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Guerrière. Épouse. Mère.

La lieutenant de vaisseau Anne-Marie Day, officière de guerre de surface, va à l’encontre des idées reçues bien des personnes sur l’image d’un jeune leader et d’un guerrier dans la Marine royale canadienne (MRC) moderne.

Épouse d’un autre officier de guerre navale et mère de deux enfants de moins de cinq ans, la Ltv Day avoue que chaque jour, elle a l’impression de « jongler les yeux bandés », mais que sa carrière a dépassé toutes ses attentes.

« Non seulement la MRC m’a donné la chance de trouver un équilibre entre mon travail et ma vie personnelle, mais elle m’a aussi donné un mode de vie complet qui me permet de travailler avec des gens exceptionnels et d’aimer ce que je fais. »

Pendant son service à bord du Navire canadien de Sa Majesté (NCSM) Montréal lors de FORMIDABLE SHIELD 17, elle devait évaluer « tout ce qui flotte ou qui vole » pour déterminer ce qui posait une menace, en plus de se préparer pour des tirs réels de missiles.

Dans presque tous les cas, un tir de missile réel est l’aboutissement d’un programme de préparation d’un navire de guerre en vue d’une mission de déploiement.

« Ainsi le commandant de la MRC peut valider de façon utile la capacité d’une équipe de combat à se défendre contre les menaces de dernière génération, en plus d’offrir au Centre de guerre navale des Forces canadiennes (CGNFC) la chance de valider et d’améliorer les tactiques, la doctrine et les procédures de la MRC », souligne le capitaine de vaisseau Jamie Tennant, commandant du CGNFC.

Bien qu’il soit nécessaire de pouvoir défendre le navire dans un contexte autonome, il est tout aussi important de pouvoir s’intégrer à un groupe opérationnel.

« Il est essentiel d’atteindre un niveau de préparation au combat et de pouvoir compter sur les systèmes de combat dans la mesure où tout l’équipage du navire peut mener des activités dans un environnement de coalition complexe et, dans le contexte de la guerre antiaérienne, réussir à engager les bonnes cibles au bon moment pour neutraliser les menaces contre la force », explique le capitaine de frégate James Allen, directeur – Disponibilité opérationnelle de la force navale.

« Dans certains cas, comme lors du RIMPAC 2018, les navires de la MRC procèdent à des tirs de missile dans le cadre de scénarios d’engagement maritime de grande envergure. Cela permet aux unités de la MRC d’améliorer leurs méthodes de perfectionnement des aptitudes de combat et leur disponibilité opérationnelle dans le cadre d’opérations coalisées. »

« Pendant FORMIDABLE SHIELD, je travaillais 12 heures par jour dans la salle des opérations. Je surveillais les radars en vue de faire des évaluations et de recommander des mesures au commandement », rapporte la Ltv Day.

Afin d’accomplir son travail, la Ltv Day était épaulée par deux équipes qui contribuaient à l’élaboration du tableau de la situation maritime. Les opérateurs de détecteurs électroniques (Marine) et les opérateurs d’équipement d’informations de combat (Marine) lui transmettaient les renseignements fournis par les systèmes radar de surveillance et de conduite de tir et les radars de veille maritime/aérienne respectivement, ce qui permettait au Ltv Day de faire les évaluations et les recommandations au commandement en vue d’engager ou non les cibles.

Pendant l’exercice, le Montréal collaborait avec 13 partenaires de l’OTAN dans le cadre d’un scénario en mer qui constituait une validation de principe pour la défense antimissile balistique.

« Notre objectif était de défendre le groupe opérationnel en utilisant des missiles Sea Sparrow évolués pendant un engagement simultané de missiles balistiques », explique la Ltv Day.

« Le tir a fourni des données très précieuses au sujet de notre système de gestion du combat et a illustré la nécessité de notre instruction en matière de disponibilité opérationnelle. »

« L’ampleur des efforts nécessaires de la part de tout l’équipage du navire, dans tous les services, pour se préparer à un tir de missile (Missilex) est considérable et exige un programme d’activités bien coordonné et exécuté », rapporte le Capv Tennant.

« Il faut également faire appel à l’expertise de l’organisation d’instruction de la MRC et des installations de génie et de maintenance, qui veillent à ce que l’instruction collective nécessaire soit offerte et que les systèmes de combat du navire soient prêts et à jour sur le plan technique. »

La Ltv Day révèle qu’il faut des mois d’entraînement pour se préparer à des tirs multiples. Il faut procéder à des séances de remue-méninges, discuter l’exécution des tirs et parer à toutes les éventualités.

Lors de FORMIDABLE SHIELD, le tir de missile était non prévu, c’est-à-dire que l’équipage ne savait pas quand la menace allait se diriger vers le navire. Tout l’équipage du NCSM Montréal, de la salle des opérations aux équipes des systèmes de marine et de combat, devait être prêt à entreprendre le branle-bas de combat, tout comme il le ferait dans le cadre d’une menace véritable.

« En raison de la complexité des multiples engagements simultanés sans préavis avec les alliés de l’OTAN, le NCSM Montréal, en tant que représentant du Canada, devait agir avec professionnalisme et mettre en valeur notre instruction et nos compétences, explique-t-elle. Ces complexités ajoutées ont nécessité un entraînement poussé de la part de tous les membres de l’équipage qui déployaient des efforts pour assurer notre réussite. »

La Ltv Day éprouve un sentiment d’accomplissement et de satisfaction à l’idée que son équipe a réussi à faire passer le programme de disponibilité opérationnelle à la prochaine étape.

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