Le Canada se souvient du rôle joué par les femmes au sein des forces armées canadiennes

La caporale Venessa Larter
La caporale Venessa Larter lors d’une patrouille dans un village afghan, en mai 2006. Photo : MDN / FAC

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Originalement publié par Anciens Combattants Canada

Les Canadiennes ont contribué de façon importante aux efforts militaires de notre pays au fil des ans, et elles ont dû surmonter de nombreux obstacles pour pouvoir servir en uniforme en tant qu’infirmières ainsi que dans d’autres rôles de plus en plus variés. Ce service continue aujourd’hui alors que l’on retrouve des femmes en service dans tous les métiers des Forces canadiennes.

La Première Guerre mondiale

Les premières contributions des Canadiennes à l’effort militaire ont été fournies par les infirmières qui soignaient les malades et les blessés en temps de conflits. On les appelait « nursing sisters » (sœurs-infirmières) puisqu’au départ, elles avaient été recrutées dans des ordres religieux.

Environ 3 000 infirmières militaires canadiennes ont servi dans le Corps de santé canadien pendant la Première Guerre mondiale, souvent près des lignes de combat en Europe et à la portée des tirs ennemis. Leurs robes bleues et leurs voiles blancs leur avaient valu le surnom de « bluebirds » (oiseaux bleus) et elles étaient très respectées en raison de leur compassion et de leur courage. Pendant la Première Guerre mondiale, les Canadiennes ne pouvaient pas servir dans d’autres rôles militaires.

La Seconde Guerre mondiale

Pendant la Seconde Guerre mondiale, on a vu les Canadiennes retourner servir en tant qu’infirmières militaires. Cette fois-ci, environ 4 500 infirmières étaient affectées aux trois branches des forces armées du Canada et plus des deux tiers ont servi outre-mer. Les infirmières militaires de la Seconde Guerre mondiale étaient vêtues d’un uniforme militaire et portaient le traditionnel voile blanc. À titre d’officiers commissionnés, elles étaient respectueusement appelées « Ma sœur » ou « Madame ». En fait, les infirmières militaires du Canada ont été les premières dans tous les pays alliés à recevoir le statut d’officier. Les Canadiennes ont également servi dans d’autres rôles militaires pendant la guerre et, en fin de compte, environ 50 000 femmes se sont enrôlées dans l’aviation, l’armée de terre et la marine.

Après la Seconde Guerre mondiale

Après la Seconde Guerre mondiale, les Forces canadiennes ont mis fin aux organisations de femmes. Avec le début de la guerre froide et la guerre de Corée, cependant, les forces armées ont bientôt dû faire face à une pénurie de personnel et elles ont recommencé à recruter activement des femmes.

Bien que très peu d’infirmières militaires aient été envoyées en Corée, il y avait un certain nombre de femmes militaires au Canada qui remplissaient les mêmes genres de rôles qu’elles avaient effectués pendant la Seconde Guerre mondiale. Cependant, leur nombre s’est mis à diminuer vers la moitié des années 1950 alors que les nouvelles technologies entraînaient une diminution des besoins en personnel dans plusieurs métiers.

L’unification et la modernisation des Forces canadiennes à la fin des années 1960 ont permis pour de bon aux femmes de s’enrôler et d’avoir accès à des rôles non traditionnels. Aujourd’hui, les femmes participent à des missions de combat, dirigent des navires et commandent des escadrons aériens – et ont autant d’options de cheminement de carrière que les hommes.

Sacrifices

Les Canadiennes qui ont choisi de servir pour défendre la cause de la paix et de la liberté, pendant les années de guerre, ont dû subir et surmonter les inégalités de la société d’alors. Par exemple, la rémunération des femmes demeurait inférieure à celle des hommes de même rang pendant la Seconde Guerre mondiale et les femmes militaires étaient parfois en butte aux critiques venant de personnes qui pensaient que la place de la femme était à la maison.

En choisissant de s’enrôler dans les forces armées, les femmes se déclaraient également prêtes à s’exposer à des situations potentiellement dangereuses où leur vie serait en jeu. Les infirmières militaires canadiennes en particulier se sont retrouvées en danger puisqu’elles servaient souvent dans des hôpitaux de campagne près des champs de bataille. Plus de 45 de ces braves femmes sont mortes pendant la Première Guerre mondiale, perdant la vie lors de bombardements ennemis sur des hôpitaux de campagne, d’attaques de navires ou à la suite de maladies auxquelles elles étaient exposées en raison des dures conditions de la guerre. Un nombre encore plus important de femmes ont servi pendant la Seconde Guerre mondiale et une infirmière militaire, le Sous-lieutenant Agnes Wilkie, a péri dans le naufrage du traversier SS Caribou torpillé par un sous-marin allemand lors d’une traversée entre le Cap-Breton et Terre-Neuve. Sept membres du SFARC ont péri en service durant la guerre.

Les dangers sont tout aussi présents aujourd’hui, alors que l’évolution des rôles des femmes dans les Forces canadiennes les mène vers de nouvelles tâches périlleuses. Par exemple, la Capitaine Nichola Goddard, une observatrice d’artillerie avancée, a été tuée pendant un échange de tirs en Afghanistan en 2006 – la première Canadienne à mourir dans un rôle de combat.

Héritage

Pendant les deux guerres mondiales, un grand nombre de femmes pensait que la chance qu’elles avaient de s’enrôler et d’aider leur pays par tous les moyens nécessaires était du genre qui n’arrive qu’une fois dans la vie. L’évolution de leurs rôles au cours de ces années turbulentes a été à l’origine d’importants changements dans la façon dont la société percevait les femmes. Leur service et leurs sacrifices ont aidé à influencer la décision d’accorder le droit de vote fédéral à un grand nombre de femmes canadiennes en 1917. Les efforts de ces femmes pionnières ont contribué à ouvrir la voie aux femmes qui aujourd’hui servent dans un large éventail de rôles dans les Forces canadiennes.

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