Une réserviste de l’Armée, athlète et consultante en génie « ne s’ennuie jamais et n’est jamais ennuyante »

Inga Hammer et d’autres stagiaires

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Par le caporal‑chef Inga Hammer, 2e Escadron du 38e Régiment des transmissions

Le thème de la Journée internationale des femmes (JIF) 2019 est « Un meilleur équilibre pour un monde meilleur » et le caporal‑chef Inga Hammer en est un bel exemple – peu importe le nombre de carrières et d’intérêts avec lesquels on compose. On souligne la JIF chaque année depuis 1909 dans le but d’en arriver à l’égalité des droits pour les femmes partout dans le monde.

Regina (Saskatchewan) — Une lutteuse, une soldate et une consultante entrent dans une pièce. Non, ce n’est pas le début d’une blague, c’est ma vie dans toute sa variété.

Par un après-midi glacial de février, j’ai mis mes bottes et je me suis préparée à affronter une température de -47 °C pour me rendre à l’installation de forage, pour ce qui promettait d’être un quart de travail long et froid.

Pendant que l’air de l’Arctique me gèle les narines, je m’arrête un instant et je me demande pourquoi je ne me contente pas de travailler au chaud dans un bureau.

Le moment passe. Je me souviens pourquoi j’aime ma carrière (avec le froid et tout) et je me prépare à attaquer ma journée. Bien qu’il s’agisse d’une journée dans ma carrière civile de consultante en génie, elle n’est pas si différente de mes journées dans la Réserve de l’Armée canadienne.

J’étais une enfant qui avait beaucoup d’énergie, j’avais les lunettes de travers et les cheveux en bataille, des jambes maigres aux genoux cagneux et je posais toujours des questions.

J’explorais constamment le monde, que ce soit en lisant tous les livres qui me tombaient sous la main ou en passant chaque minute dehors pendant l’été.

Maintenant que je suis adulte, je n’ai plus de lunettes et mes cheveux sont (habituellement) brossés, mais il y a des choses qui ne changent pas – j’ai encore les jambes maigres et les genoux cagneux et je pose encore des questions dès que je le peux.

Jongler avec de multiples défis tous les jours

Ce besoin de défi m’a menée à faire des études en Génie environnemental à l’Université de Regina; à une carrière civile de consultante pour Clifton Associates Ltd., une société de génie basée à Saskatchewan et en Alberta; à une carrière militaire de réserviste de l’Armée canadienne; à des activités athlétiques en lutte et en jiu-jitsu brésilien.

Chacune de ces activités est une passion pour moi et m’apporte de la joie. Elles ne s’inscrivent peut-être pas dans les rôles stéréotypés associés aux sexes, mais je n’ai jamais eu l’impression de ne pas pouvoir réussir parce que j’étais une femme. Je n’ai fait que m’adonner aux choses qui m’intéressaient.

Dans ma carrière civile, j’ai trouvé que le travail de consultante me convenait parfaitement puisque chaque projet apporte des défis uniques, un nouveau milieu et de nouvelles personnes.

Ma carrière civile se reflète largement dans mon service au sein de la Réserve de l’Armée, en tant que technicienne spécialiste des systèmes de communication et d’information de l’Armée de terre (SSCIAT) au 2e Escadron du 38e Régiment des transmissions à Regina. Je trouve toujours de nouvelles choses à apprendre et de nouveaux moyens de me pousser à devenir un meilleur soldat et leader.

Les aptitudes en gestion du temps sont cruciales pour tout équilibrer

Je dois continuellement équilibrer les exigences de ma carrière civile et celles de la Réserve. Mon bagage d’étudiante-athlète universitaire m’a aidée à développer un ensemble de compétences axées sur la gestion du temps et l’équilibre de rôles multiples.

J’ai eu la chance de faire partie de l’équipe de lutte de l’Université de Regina et je suis une ancienne étoile universitaire. Je continue à faire de la compétition comme athlète en lutte et en jiu-jitsu brésilien.

Mes expériences sportives et le soutien de mes entraîneurs et coéquipières m’ont donné la discipline et les compétences pour réussir dans mes carrières militaire et civile.

Médailles nationales et internationales en lutte, en grappling et en jiu-jitsu

Mes activités athlétiques m’ont valu des médailles aux championnats de conférence CanWest, aux championnats nationaux USports, aux championnats nationaux séniors de Canada Lutte, aux championnats militaires canadiens en grappling et même à une médaille d’or aux championnats de l’International Brazilian Jiu Jitsu Federation, à Las Vegas.

Bien que ça puisse sembler impressionnant, du point de vue sportif, je n’ai fait qu’effleurer la surface de ce qu’il y a à apprendre. J’aime décrire à la blague mon style de grappling comme étant de la « force brute et de l’ignorance ».

Lorsqu’on me parle de mes intérêts diversifiés, je réponds que « je ne suis pas ennuyante et je ne m’ennuie certainement pas ».

Je sais que j’ai encore beaucoup à apprendre au sujet des sports dans lesquels je fais de la compétition, ainsi que dans mes carrières civile et militaire.

Changer la perception des rôles liés au genre en donnant l’exemple

En tant que femme qui travaille dans des industries qui sont traditionnellement dominées par les hommes, certains croient parfois que je n’y ai pas ma place. Des années de dur labeur et d’études, le soutien de pairs/chefs et le fait que j’ai développé mon propre niveau d’expérience m’ont aidée à composer avec les gens qui voudraient essayer de minimiser ce que je fais.

Je peux dire avec fierté que mes expériences professionnelles civiles chez Clifton Associates et dans la Réserve de l’Armée ont été très largement positives.

J’ai eu l’occasion de changer la perception qu’ont les gens par rapport à ce qu’une femme peut faire et d’essayer d’être un leader pour mener à des changements positifs.

Aider à développer la prochaine génération

Je crois au développement de la prochaine génération d’ingénieurs, ce que j’appuie en enseignant un cours de Génie 401 (Professionnalisme et droit pour les ingénieurs) à l’Université de Regina, en qualité de chargée de cours à temps partiel.

Les hommes et les femmes qui sont dans ma classe iront pratiquer le génie partout au Canada et à l’échelle internationale. Mon espoir, c’est que je puisse susciter chez eux une pensée critique à l’égard de leur rôle dans la société, et les pousser à agir comme des leaders dans leurs entreprises futures, peu importe où cela les mène.

En tant que réserviste, je suis un membre actif de mon unité d’appartenance, et nous sommes actuellement sur le chemin menant à l’état de préparation élevé jusqu’à l’exercice MAPLE RESOLVE à Wainwright (Alberta), en mai.

J’ai servi dans le cadre d’opérations nationales à l’appui de Canadiens en situation de crise, y compris les inondations au Manitoba, et j’ai hâte d’avoir la chance d’être déployée à l’étranger si mes services sont requis.

Le service au sein des Forces canadiennes est important pour moi, puisque c’est un moyen de redonner à la communauté, en plus d’être une source importante d’amitiés et de soutien au sein de mon unité et de mon régiment.

Leçons retenues et mises en application

La consolidation de toute une vie de des expériences uniques a donné lieu à quatre leçons cruciales.

La première, et la plus importante à mon avis, c’est que le travail acharné n’est jamais malvenu. Vous vous devez à vous-même de faire de votre mieux quoi que vous entrepreniez.

La deuxième, c’est que de développer un réseau de soutien est essentiel. Grâce à la Réserve de l’Armée, au sport et à la consultation, j’ai trouvé un groupe tissé serré de pairs et de chefs qui m’ont soutenue dans mes entreprises. Ma famille a toujours été de mon côté, ce dont je suis reconnaissante. En définitive, mon plus grand supporter est mon mari, Erik Hammer, qui a dû supporter toutes mes folies au cours des huit dernières années.

La troisième, c’est que le fait de prendre un moment pour apprécier les petites joies de la vie peut faire de la pire journée l’une des meilleures. Certains de mes souvenirs les plus précieux sont simples, comme une tasse de thé chaud, un beau lever de soleil ou un moment passé avec un ami, même s’il fait -47ºC.

Finalement, la quatrième leçon, c’est que ça vaut la peine de prendre du temps pour aider au développement des gens qui nous entourent, même si c’est une chose aussi petite qu’un mot d’encouragement.

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