Atelier Femmes, paix et sécurité : la coopération réussie entre le Canada et huit pays d’Asie

Les instructrices de l'atelier (de gauche à droite) : Mélanie Provost, Ltv Delphine Bonnardot, Lcol Nathalie Boisvert, Lcol Rowena Williams
Les instructrices de l'atelier (de gauche à droite) : Mélanie Provost, Ltv Delphine Bonnardot, Lcol Nathalie Boisvert, Lcol Rowena Williams. Photo : Major Shino Ariki

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Par la lieutenant de vaisseau Delphine Bonnardot

Quatre instructrices canadiennes, trois militaires et une civile, ont dispensé de la formation sur le thème Femmes, paix et sécurité, du 28 janvier au 1er février 2019, au Malaysian Peacekeeping Center, à Port Dickson, à une trentaine de participants issus de huit pays d’Asie. Les pays participants étaient la Malaisie, le pays hôte, le Bengladesh, l’Indonésie, la Mongolie, les Philippines, Singapour, la Thaïlande et le Vietnam.

Cette formation de cinq jours sur les femmes, la paix et la sécurité a offert un aperçu des nombreux changements que l’intégration des femmes entraîne. Les programmes de sécurité nationale et des droits de la personne, la participation des femmes dans l’armée et les divers engagements internationaux en faveur des femmes, de la paix et de la sécurité sont autant de thèmes qui ont été abordés lors de cette formation. L’atelier a notamment mis l’accent sur la Résolution du Conseil de sécurité des Nations unies 1325, la place des femmes dans les forces armées à travers le monde, les concepts entourant la diversité et l’inclusion des femmes militaires, les femmes et le leadership, le changement de culture et l’éthos militaire et encore l’exemple du Canada et l’Analyse Comparative entre les Sexes plus (ACS+).

« À titre de responsable de cette formation, c’est un honneur de représenter le Canada et de partager notre expérience tout en restant à l’affût des manières de faire des autres pays », déclare la lieutenant-colonel Nathalie Boisvert, directrice – Droits de la personne et diversité (DDPD) des Forces armées canadiennes et instructrice pendant l’atelier.

Galerie d'images

  • La lieutenant-colonel Rowena Williams donne de l’instruction, au Peacekeeping Centre à Port Dickson, Malaisie
  • La lieutenant de vaisseau Delphine Bonnardot discute avec une militaire malaisienne au Peacekeeping Centre à Port Dickson, Malaisie
  • Mélanie Provost, enseignante en psychologie au Collège militaire royal de Saint-Jean, anime un atelier
  • Photo de groupe de l’atelier Femmes, paix et sécurité 2019 au Peacekeeping Centre à Port Dickson, Malaisie

Le groupe de participants était composé pour 67% de femmes et de 33% d’hommes, du grade de sergent à lieutenant-colonel, avec des métiers et des expériences opérationnelles variés.

Si ces grandes lignes ont été dégagées, une préoccupation commune s’est rapidement présentée, celle du recrutement et de la rétention des femmes. Si au Canada tous les métiers sont ouverts aux femmes, il en va différemment pour d’autres pays où les femmes sont soumises à l’autorisation de leur conjoint pour déployer ou confrontées à des tests physiques extrêmement exigeants entraînant un pourcentage de blessures graves très élevé, empêchant ainsi indirectement les femmes d’accéder aux armes de combat.

« Jusqu’à cet atelier, je n’avais jamais réalisé la nécessité de formaliser les politiques au niveau des pays afin de formaliser la manière de traiter notre main-d’œuvre féminine. J’avais toujours supposé que les « préjugés » auxquels je faisais face en tant qu’officier subalterne étaient propres à Singapour », explique le major Jayne Tan, responsable du recrutement des femmes pour l’Armée de Singapour.

Les analyses des cadres théoriques et conceptuels ont contribué à comprendre comment les organisations militaires mettent en œuvre ce changement et le rôle clé que doivent jouer les leaders militaires pour faciliter une culture militaire plus inclusive et conçue pour améliorer l’efficacité opérationnelle des équipes mixtes.

Ainsi, la diversité des cultures des participants leur a également permis de réaliser que certaines de leurs préoccupations étaient les mêmes que d’autres pays.

« Je trouve réconfortant d’apprendre que les femmes du monde entier sont confrontées à des problèmes similaires, tels que l’engagement de la famille et les stéréotypes sexistes », dit major Romana Zaman, officier des opérations pour les Forces armées du Bengladesh.

Tout au long des cinq jours l’accent a été mis sur l’importance d’amener les femmes et les hommes à travailler ensemble dans l’avancement des femmes. En effet, seule une étroite collaboration et un soutien réciproque permettront d’atteindre les objectifs fixés par les pays.

« Outre l’aspect opérationnel, une réflexion académique est nécessaire pour aborder la question du langage inclusif, des biais inconscients, des stéréotypes et de la psychologie organisationnelle des armées », rapporte Mélanie Provost, enseignante en psychologie au Collège militaire royal de Saint-Jean.

Le succès de l’atelier reposait en grande partie sur l’interactivité et l’approche dynamique adoptées tout au long de la semaine.

« Nous avons pu voir les différents points de vue sur le leadership et les politiques et pratiques des Forces armées canadiennes en faveur de l’intégration des femmes », précise la lieutenant Michelle Agudo, Officier du genre et du développement dans la Marine des Philippines.

Parmi les préoccupations des participants, nous avons pu noter des questions concernant la conciliation travail-famille, le bien-être au travail, la question de la maternité, les possibilités de déploiement et de progression au cours des périodes pré et post natales.

« La question du genre est au cœur des discussions et les ateliers, comme celui sur les femmes, la paix et la sécurité, permettent de réfléchir collectivement à une pleine intégration des femmes dans les Forces armées », souligne le lieutenant-colonel Rowena Williams, conseillère en matière d’égalité entre les sexes auprès de l’état-major interarmées stratégique des Forces armées canadiennes et instructrice lors de l’atelier.

Les participants ont déclaré rentrer dans leur pays respectif avec non seulement une meilleure compréhension de l’intégration des femmes dans les Forces armées, mais également avec un réseau de contacts important qui leur permettra de maintenir un lien avec leurs collègues d’Asie.

 La lieutenant de vaisseau Delphine Bonnardot était instructrice pour l’Atelier Femmes, paix et sécurité. Elle est officier des affaires publiques et chercheure associée au Centre International d’Études de la Profession des Armes du Collège militaire royal de Saint-Jean en tant que doctorante sur les femmes militaires en opération.

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