Bell Cause pour la cause : la brigadier-général Jennie Carignan discute de la santé mentale

Bell Cause pour la cause : la brigadier-général Jennie Carignan discute de la santé mentale

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Article / Le 28 janvier 2019 / Numéro de projet : 19-0040

Remarque: pour les renseignements en référence dans le texte, reportez-vous à la section «Liens connexes» ci-dessous.

Par la brigadier-général M.A.J. (Jennie) Carignan, Commandant de la 2e Division du Canada et de la Force opérationnelle interarmées (Est)

Montréal (Québec) — La journée « Bell Cause pour la cause » du 30 janvier nous donne l’occasion de faire le point au sujet de la santé mentale au sein de la 2e Division du Canada. La santé – physique et mentale – est un socle essentiel sur lequel repose notre essor personnel et professionnel.

Au Canada, une personne sur cinq souffre d’un problème de santé mentale et 49% des Canadiens ont déjà eu des problèmes liés à la santé mentale (1). Chaque semaine, plus d’un demi-million de Canadiens sont absents du travail en raison de problèmes liés à la santé mentale (2).

Pourtant, selon la Commission de la santé mentale du Canada, plus de six canadiens sur 10 qui vivent avec un problème de santé mentale ne demandent pas d’aide par crainte de stigmatisation (3). Considérant la prévalence des problèmes de santé mentale, pourquoi y a-t-il autant de résistance à consulter quand ça ne va pas?

Dans notre culture militaire où il est important de projeter une image de force, il nous faut convenir qu’il existe certains préjugés à l’égard des problèmes mentaux. Qui plus est, la stigmatisation s’intériorise lorsqu’une personne atteinte s’impose ces préjugés. Ainsi, les préjugés causent souvent plus de souffrance que le problème de santé mentale même et demeurent une entrave – voire une barrière – au rétablissement. Ils exacerbent le sentiment de honte, de culpabilité, d’isolement et de baisse d’estime de soi.

Il est également permis de se demander ce qui fait en sorte qu’il y ait moins de préjugés concernant une blessure physique apparente, par exemple une lésion, une fracture ou une entorse? Est-ce le fait qu’on puisse constater la « blessure »? Pourtant, il semble y avoir peu de jugements négatifs associés à des conditions physiques invisibles, par exemple un ulcère ou le diabète.

Alors comment expliquer le regard négatif que nous posons à l’endroit des personnes atteintes de problèmes de santé mentale? À mon avis, deux raisons expliquent ces préjugés.

La première est l’incompréhension liée aux problèmes de santé mentale, qui est sans doute attribuable aux tabous qui ont trop longtemps relégués ces enjeux à l’ombre. De plus, nous avons tendance à être inconfortable avec ce que nous ne connaissons pas et les préjugés permettent de compartimenter ce qui est inconnu.

La deuxième raison – également liée à l’incompréhension – est la prémisse erronée que les personnes touchées par des enjeux de santé mentale sont faibles et manquent de fibre morale.

Pourtant, il n’y a pas de corrélation entre la force ni l’intellect d’une personne et leurs problèmes de santé mentale. À preuve, voici autant de personnes connues qui ont vécu avec la dépression : Abraham Lincoln, Winston Churchill, Isaac Newton, Oprah Winfrey, Charles Darwin, Boris Yeltsin, lieutenant-général (à la retraite) Roméo Dallaire. Tous des leaders forts qui ont grandement contribué à la société ; bref, qui ont changé le monde.

Il est donc essentiel d’aller chercher de l’aide quand le besoin se fait sentir. Nous avons d’excellents services à notre disposition qui sont confidentiels.

Heureusement, la société évolue et quelques signes sont encourageants. En effet, 87% des Canadiens ont une meilleure connaissance des enjeux de santé mentale qu’il y a cinq ans et 85% d’entre eux considèrent que les attitudes concernant les enjeux de santé mentale se sont améliorées (5).  Néanmoins, à mes yeux, il faut continuer de lutter contre la stigmatisation des problèmes liés à la santé mentale qui s’accroche à notre culture et qui nuit à notre résilience.

Et comment on fait ça? Il n’y a pas de recettes magiques, cependant la recherche a démontré qu’un des moyens les plus efficaces pour contrer la stigmatisation est l’approche personnelle, c’est-à-dire d’encourager les personnes touchées à en parler ouvertement (6).

C’est dans cette optique que la journée «Bell Cause pour la cause » prend tout son sens. En parlant de notre vécu, ceux d’entre nous qui ont été touchés par des défis de santé mentale se rendront rapidement compte qu’ils ne sont pas seuls. Dans cet esprit, je vous encourage à vous exprimer, à vous ouvrir et à partager votre expérience afin de favoriser un climat d’acceptation et d’entraide.

Cependant, à mon avis, c’est la façon dont on se traite les uns les autres à travers nos activités et interactions au quotidien qui a le plus d’impact sur notre santé mentale. Travailler dans un environnement où on se sent en sécurité, où on sent qu’on contribue à l’organisation et où on sent que notre apport est apprécié est salutaire pour l’âme. En somme, le style de leadership adopté a un immense impact sur la santé mentale de l’équipe.

C’est pourquoi je préconise un leadership de proximité axé sur la confiance, le respect, la communication et la valorisation. En vertu de l’exemple qu’ils donnent, les leaders peuvent contribuer à créer des environnements propices à la création de solides relations de travail caractérisées par l’entraide et le soutien entre collègues et camarades.

La lutte aux préjugés et à la stigmatisation nous permet d’établir un climat de travail au sein duquel les membres de l’équipe de la 2e Division du Canada se sentent en sécurité et sont plus susceptibles de solliciter le soutien dont ils ont besoin afin de se rétablir rapidement.

Nous partageons tous une responsabilité de lutter contre les stigmatisations reliées à la santé mentale et j’estime que les leaders – à tous les niveaux – ont un devoir à cet égard.

Il est clair dans mon esprit qu’on peut avoir une carrière enrichissante au sein des Forces armées canadiennes tout en ayant des défis de santé mentale. C’est humain, tout simplement.
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Liens connexes

(1) #Parlerhautefort pour démystifier la santé mentale

(2) 49 % des Canadiens ont déjà connu des problèmes de santé mentale

(3) Indicateurs de la santé mentale pour le Canada

(4) Stigmatisation et discrimination

(5) Resource Journée Bell Cause pour la cause 2019

(6) Elle prend toute la place

Voir également:

MISSION:Prêts – Ressources @portée de la main

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