Rendons hommage au roi!

Two people wearing flight suits and helmets fly an aircraft over the ocean on approach to a ship.
Le 10 décembre 2009, un équipage aérien du 423e Escadron, basé à la 12e Escadre Shearwater, en Nouvelle-Écosse, se prépare à poser son hélicoptère CH-124 Sea King sur le NCSM Fredericton dans le golfe d’Aden, pendant l’opération Saiph. PHOTO : Caporal Shilo Adamson, IS2009-8519-07

Étiquettes : | | | | |

Par le lieutenant-colonel d’aviation (retraité) Ian Lightbody

Cette année, nous allons être témoins du retrait de l’aéronef de combat qui a connu le plus long service de tous les aéronefs canadiens : le CH-124 Sea King. Livré originalement en 1963 au NCSM Shearwater d’alors, juste à l’extérieur de Halifax, en Nouvelle-Écosse, cet appareil terminera son service au Canada à la fin de cette année à Patricia Bay, près de Victoria, en Colombie-Britannique.

En 55 ans de service au Canada, le Sea King a fait partie de nombreux éléments et sa configuration initiale a subi des changements considérables depuis 1963. Acheté à l’origine par la Marine royale canadienne (MRC) pour être employé à bord du porte-avion navire canadien de Sa Majesté Bonaventure pour soutenir la lutte anti-sous-marine, il était à la fine pointe de la technologie de l’époque en matière d’hélicoptère, équipé de ses deux turbines et disposant de la capacité révolutionnaire de passer au vol stationnaire simplement en appuyant sur un bouton. À l’époque, cette nouvelle capacité constituait un bond de géant dans les opérations de nuit et en tout temps, car elle permettait la recherche de sous-marins à l’aide d’un sonar actif submergé. De plus, la possibilité de passer au vol stationnaire permettait d’effectuer des opérations de recherche et de sauvetage malgré les intempéries.

Le Sea King a d’abord effectué des missions à partir du porte-avion. Au même moment, des travaux avaient commencé pour marier de façon hautement novatrice un hélicoptère moyen et un destroyer d’escorte. La mise au point du dispositif d’appontage et d’arrimage rapide d’hélicoptère, aussi connu sous le nom de « beartrap » (piège à ours), a permis au Sea King de continuer de servir au front pendant la guerre froide à titre de l’une des principales contributions du Canada aux mesures de lutte anti-sous-marine de l’alliance, après le retrait du service du Bonaventure.

Dans les années qui ont suivi la fin de la guerre froide, le Sea King a évolué. Après l’invasion du Koweït par l’Irak en 1990, le Sea King a fait l’objet de modifications en vue de le transformer d’une plateforme de lutte anti-sous-marine obsolète à un appareil polyvalent axé sur la surveillance et le contrôle de surface. L’ajout d’un capteur à infrarouge à balayage frontal, d’une mitrailleuse latérale et de défenses antimissiles à infrarouge a ouvert la voie à l’accroissement de sa présence dans des rôles qui n’étaient pas mis en valeur précédemment pendant la guerre froide.

Une décennie plus tard, le Sea King atteignait un nouveau sommet dans les activités de déploiement opérationnel, après les attaques contre les États-Unis le 11 septembre 2001. Par exemple, en 2010-2011, il a participé à des opérations de combat au large de la Libye, à des opérations de secours humanitaires à Terre-Neuve et à Haïti après le séisme, et à des opérations de sécurité nationale pendant les Jeux olympiques de Vancouver et les sommets du G7 et du G20 à Toronto, lors desquels il a effectué des opérations d’interception aérienne.

Pendant toute la période de service du Sea King au Canada, le lien commun a été le groupe de professionnels hautement qualifiés qui ont connu et aimé l’hélicoptère et qui l’ont gardé en état de vol dans les milieux les plus inhospitaliers du monde, en haute-mer, sur de petits navires, loin de tout soutien. Qu’un appareil à ce point malmené par la presse puisse susciter une loyauté aussi fervente a laissé beaucoup de gens perplexes. En dépit de ses limites, l’appareil a acquis cette loyauté en partie grâce à sa pertinence sur le plan opérationnel, qu’il a conservée jusqu’en 2018, année de sa retraite. Dans la seconde moitié de 2018, le Sea King continuera de voler, ayant participé en juillet à un déploiement de l’OTAN et apportant toujours du soutien aux interventions du gouvernement de la Colombie-Britannique pour lutter contre les incendies de forêt dévastateurs qui sévissent depuis deux ans.

Bien qu’il ne fasse aucun doute qu’on aurait dû donner son congé au Sea King depuis bien longtemps, le moment de son retrait suscitera des émotions partagées chez plusieurs. Le Sea King a cessé ses opérations sur la côte est au début de 2018 et, en août, le Musée de l’aviation a accueilli deux Sea King dans sa collection, le premier dans la configuration originale de la MRC, et le deuxième, dans sa configuration finale. Le 1er décembre 2018, à Patricia Bay, en Colombie-Britannique, un défilé, un survol et un repas de gala auront lieu pour honorer l’appareil qui a servi le Canada pendant 55 ans et les personnes qui l’ont soutenu.

Si la célébration du service et du retrait du Sea King vous intéressent, rendez-vous au site Web du retrait du Sea King (en anglais seulement) pour en savoir plus.

Ian Lightbody a commandé la 12e Escadre Shearwater, en Nouvelle-Écosse.

LIENS CONNEXES
L’Aviation royale canadienne

Le CH-124 Sea King

Le NCSM Shearwater (en anglais seulement)

Le NCSM Bonaventure

Le Sea King : une fin de carrière tout en elegance

Le 423e Escadron effectue son dernier vol à bord du Sea King

Galerie d'images

  • Deux personnes vêtues de combinaisons de vol et portant des casques pilotent un aéronef au-dessus de l’océan en se dirigeant vers un navire.
  • People in uniform assist a person from a wheelchair into a helicopter.
  • A helicopter hovers over the deck of a ship at sea.

 

 

 

 

Date de modification :