L’ARC appuie les mesures de conservation de la baleine noire de l’Atlantique Nord

A whale’s tail is visible above the water.
À l’été 2018, des chercheurs de diverses organisations, y compris l’Aviation royale canadienne, ont pisté des baleines noires de l’Atlantique Nord, qui sont en voie de disparition. PHOTO : Offerte (Université de Dalhousie)

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Aviation royale canadienne

L’Aviation royale canadienne (ARC) a récemment soutenu les mesures de conservation de la baleine noire de l’Atlantique Nord en recueillant des données exceptionnelles qui fourniront de l’information essentielle sur les baleines et sur leur comportement.

L’objectif principal du projet consiste à améliorer la capacité des chercheurs à pister les individus de cette espèce en voie de disparition.

Les mesures de conservation représentent une collaboration entre plusieurs organisations, y compris Recherche et développement pour la défense Canada (RDDC), Pêches et Océans Canada (MPO), Transports Canada, la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) des États-Unis, l’Université de Dalhousie, à Halifax, en Nouvelle-Écosse, et le Marine Environmental Observation Prediction and Response Network (MEOPAR), situé à Dalhousie.

La baleine noire de l’Atlantique Nord est une espèce qui préoccupe particulièrement le Canada, puisque 12 baleines parmi une population totale de 500 ont été tuées dans le golf du Saint-Laurent en 2017.

Les essais auxquels a participé l’ARC avaient pour but de déployer des capteurs acoustiques sous-marins, des bouées acoustiques, dans le golf du Saint-Laurent, et des planeurs sous-marins autonomes de MEOPAR, en plus de recensements aériens du MPO et du NOAA.

Ces essais ont eu lieu dans le cadre de deux vols de cinq heures, les 30 et 31 juillet 2018, effectués par un avion de patrouille à longue portée CP-140 Aurora de la 14e Escadre Greenwood, en Nouvelle-Écosse.

Les essais visaient à améliorer la capacité de détecter, d’identifier, de situer et de pister les baleines noires en recourant à des techniques avant-gardistes de lutte anti-sous-marine afin de résoudre un problème écologique unique.

« Nous sommes les premiers à suivre cette démarche pour étudier les baleines noires, donc si nous parvenons à localiser un seul individu, je serai très heureux », a déclaré le major Dugald Thomson, chef de projet de RDDC et doctorant à l’Université de Dalhousie.

« La partie intéressante sera de faire concorder nos résultats avec les données de détection visuelle et acoustique recueillies par nos partenaires, afin d’améliorer les capacités de pistage des planeurs autonomes. »

Le Plan de protection des océans décrit la stratégie pangouvernementale visant à protéger la santé des milieux marins du Canada, et accorde une importance particulière aux trois espèces de baleines en danger : la baleine noire de l’Atlantique Nord, l’épaulard résident du Sud et le béluga du Saint-Laurent.

Pareillement, la politique de défense du Canada met de l’avant l’objectif de multiplier les contacts avec le milieu universitaire au moyen d’approches de collaboration. Ces deux objectifs ont été visiblement atteints grâce à cette collaboration, dans le cadre de laquelle des analystes hautement spécialisés de la Défense travaillent de concert avec l’Université de Dalhousie, MEOPAR et le MPO pour analyser l’ensemble riche de données recueilli.

L’utilisation de bouées acoustiques pour faire le pistage de baleines noires offre une occasion intéressante d’employer une technique existante afin de résoudre un nouveau problème. À l’aide de chercheurs du MPO à bord de l’avion chargés d’identifier les baleines de façon visuelle et acoustique, l’Aurora a déployé un réseau de 32 bouées acoustiques autour d’un groupe de baleines noires et a enregistré des données acoustiques. Les analystes acoustiques utiliseront ces données pour cartographier les déplacements des baleines individuelles dans le groupe.

Les résultats de cette analyse fourniront de l’information unique aux chercheurs qui s’intéressent à la baleine noire, ce qui les aidera à élaborer leur propre technique de localisation au moyen des planeurs du MEOPAR, et à mieux comprendre le comportement des baleines noires sans avoir à les équiper de balises gênantes.

En plus de l’importance de cette contribution aux efforts de la collectivité de conservation de la baleine noire de l’Atlantique Nord, l’ARC tirera profit de cette collaboration en utilisant les enregistrements pour mettre à l’essai une nouvelle capacité de surveillance des mammifères marins qui est à l’étude pour faire en sorte que les activités d’entraînement de l’ARC ne mettent pas en danger les baleines.

RDDC a acquis un logiciel de Jasco Environmental Services, une entreprise de la Nouvelle-Écosse, et l’intègre aux processeurs acoustiques de l’Aurora et de l’hélicoptère CH-148 Cyclone pour aviser les équipages de la présence de baleines dans les eaux sous l’appareil. Le logiciel doit être mis à l’essai à l’aide des données captées par les bouées acoustiques en service dans des conditions réelles, puis comparées à des données vérifiées. Cette collaboration interministérielle a permis d’obtenir un ensemble de données précises analysées rigoureusement, avec lesquelles les chercheurs de RDDC peuvent mettre à l’essai cette capacité, et aider le Canada, en fin de compte, à atteindre son objectif de protéger les milieux marins.

Au sujet de la baleine noire de l’Atlantique Nord

Pêches et Océans Canada

Surnommée en anglais la « bonne » baleine (« right whale ») par les baleiniers parce qu’elle se déplace lentement et qu’elle est facile à capturer, la baleine noire de l’Atlantique a fait l’objet d’une chasse qui a bien failli provoquer sa disparition à la fin du 19e siècle. En 1935, la Société des Nations a interdit la chasse à cette baleine dans tous les océans.

Selon la Loi sur les espèces en péril, la baleine noire de l’Atlantique constitue une espèce menacée. On a même conçu une stratégie de rétablissement pour cette espèce, qui est également protégée en vertu de plusieurs lois, règlements et ententes.

La baleine noire de l’Atlantique Nord (Eubalaena glacialis) possède une grosse tête qui occupe presque le quart de son corps. Les baleines noires peuvent atteindre 18 mètres de longueur et présentent les caractéristiques suivantes :

  • une large nageoire caudale, une queue étroite et de larges nageoires, mais aucune nageoire sur le dos (nageoire dorsale);
  • la peau de la baleine est noire, bien que certains individus ont des taches blanches sur la gorge ou sur le ventre;
  • sur sa tête et son menton, et parfois sur le bord de la sa lèvre inférieure, elle a des taches blanches rugueuses appelées callosités. Chaque baleine a une forme de callosité unique, ce qui permet aux scientifiques de reconnaître facilement les individus.

Les baleines noires vivent au moins 75 ans. Elles sont curieuses et acrobatiques; elles sautent souvent hors de l’eau et, en retombant à la surface de la mer, elles éclaboussent l’eau en agitant leurs nageoires et leurs nageoires caudales (queues). Les baleines noires plongent généralement pendant des périodes d’environ 20 minutes.

Les baleines noires ne se nourrissent habituellement que d’un seul type de nourriture, de minuscules crustacés appelés copépodes. Il se peut également qu’elles se nourrissent, de façon opportuniste, d’autres types de zooplancton. Comme les autres baleines à fanons, par exemple les rorquals à bosse, la baleine noire n’a pas de dents; elle a plutôt une série de fanons, appelés plaques de fanons, suspendus de chaque côté de la mâchoire supérieure. Pendant qu’elle se nourrit, la baleine noire nage lentement, la mâchoire ouverte. Lorsque la baleine ferme sa bouche, l’eau est rejetée et les fanons jouent le rôle de filtre; ils conservent la nourriture à l’intérieur, laquelle est ensuite avalée.

La baleine noire est une espèce migratoire qui fréquente les eaux côtières. Les baleines noires fréquentent les eaux du Canada atlantique pour y trouver leur nourriture en grande quantité. Il se peut également qu’elles s’y trouvent au printemps, en été et à l’automne. En hiver, les baleines noires femelles migrent vers les eaux au large des côtes de la Floride et de la Géorgie, qui sont d’importantes aires de mise bas. Tout au long de l’année, une certaine partie de la population se trouve dans des lieux encore inconnus.

LIENS CONNEXES

L’Aviation royale canadienne

Plan de protection des océans du Canada

Politique de défense du Canada

Marine Environmental Observation Prediction and Response Network (en anglais seulement)

Transports Canada : Protection des baleines noires de l’Atlantique Nord

Pêches et Océans Canada : la baleine noire de l’Atlantique Nord

National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) : la baleine noire de l’Atlantique Nord (en anglais seulement)

Le CP-140 Aurora

La 14e Escadre Greenwood

Recherche et développement pour la défense Canada

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