La collectivité militaire du contrôle aérospatial brille au G7 à Charlevoix

Un homme portant un uniforme à camouflage et un casque d’écoute est assis à un ordinateur devant deux écrans dans une pièce sombre.
Le capitaine Lafrance-Robineau, contrôleur des règles de vol aux instruments de la base des Forces canadiennes Moose Jaw, Saskatchewan, effectue la surveillance radar pendant l’opération Cadence, à Saint-Irénée, Québec, le 3 juin 2018. PHOTO : Caporal Gary Calvé, BN51-2018-0006-012

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Affaires publiques de l’ARC

Le concept d’« espace aérien » est complexe. Selon sa définition la plus simple, il s’agit de la zone de l’atmosphère dans laquelle évoluent les aéronefs. Les réalités de l’espace aérien sont toutefois beaucoup plus subtiles.

Par exemple, les aéronefs qui évoluent dans un espace aérien donné doivent faire l’objet d’une gestion afin de leur permettre de fonctionner en toute sécurité. Il s’agit notamment de contrôler des aéronefs militaires pour qu’ils puissent mener à bien leurs missions, de maintenir tous les aéronefs à des distances sécuritaires les uns des autres, ainsi que des autres objets et obstacles, et de veiller à ce qu’ils volent à la bonne altitude. La gestion de l’espace aérien dans le monde militaire incombe aux officiers du contrôle aérospatial et aux opérateurs de contrôle aérospatial de l’Aviation royale canadienne.

Toutefois, l’espace aérien est plus qu’une simple « zone atmosphérique ». Elle peut faire partie du territoire souverain d’un pays et, à ce titre, l’accès peut y être restreint (et souvent, il faut qu’il le soit). C’était le cas de l’espace aérien autour de Charlevoix, au Québec, lors du Sommet du G7 tenu les 8 et 9 juin 2018.

Dans le cadre du soutien militaire global apporté à la Gendarmerie royale du Canada pour assurer la sécurité du Sommet (appelé opération Cadence), le Commandement de la défense aérospatiale de l’Amérique du Nord (NORAD), commandement binational canado-américain chargé de la défense aérospatiale en Amérique du Nord, s’est vu confier la tâche d’appliquer les restrictions de l’espace aérien établies pour le Sommet par la GRC. Bien que l’ARC ait déployé des aéronefs pour s’occuper de l’application des restrictions, la gestion globale de l’espace aérien réglementé a incombé aux officiers du contrôle aérospatial et aux opérateurs de contrôle aérospatial professionnels de l’ARC.

Ces spécialistes hautement compétents ont appuyé la gestion de l’espace aérien réglementé à partir de divers endroits au Canada et aux États-Unis, y compris le Centre multinational d’opérations aérospatiales de la 1re Division aérienne du Canada et de la Région canadienne du NORAD à Winnipeg, au Manitoba, le Secteur de la défense aérienne du Canada (SDAC) à North Bay, en Ontario, le 12e Escadron de radar (déployé près de Charlevoix), l’unité de contrôle de la circulation aérienne de la 3e Escadre Bagotville, au Québec, le 8e Escadron de transmissions et contrôle (Air) [8 ECCA] de la 8e Escadre Trenton, en Ontario (qui a également été déployé dans Charlevoix), le Secteur de la défense aérienne de l’Est (SDAE) à Rome, New York, aux États-Unis, et aux installations de six unités de contrôle de la circulation aérienne au Canada, qui ont fourni du personnel supplémentaire.

À tous ces endroits, des gens ont joué un rôle important à l’appui de la sécurité de l’espace aérien pendant le Sommet, la majeure partie de cette tâche étant assurée par le 12e Escadron de radar et le 8 ECCA. Le SDAC était responsable de la surveillance et de l’identification de tous les aéronefs dans la zone opérationnelle. Ce travail comprenait une coordination continue en temps réel entre le SDAC, le SDAE, NavCan et la Federal Aviation Administration par l’entremise de réseaux de communication et d’officiers de liaison déployés. De plus, le SDAC a assumé le commandement et le contrôle tactiques des ressources aériennes de l’ARC, se tenant prêt à assurer la défense contre les menaces potentielles dans l’espace aérien réglementé. Des patrouilles aériennes se sont déroulées sans difficulté au cours du Sommet du G7 grâce à l’appui d’aéronefs de ravitaillement en vol.

En ce qui concerne les forces déployées, le 12e Escadron de radar a installé son système radar mobile. Ce dernier, jumelé au radar du 263e Commandement de la défense aérienne et antimissile de l’armée américaine (également déployé dans le cadre du NORAD), a permis au NORAD d’avoir une image radar détaillée de l’espace aérien. Le NORAD était donc mieux à même de détecter les menaces aériennes potentielles dans la région et de contrôler les ressources aériennes participant au G7 en illuminant l’espace aérien et en fournissant des communications déployées pour le SDAC dans ce qui était une zone difficile sur le plan topographique. Il s’agit d’un rôle souvent confié au 12e Escadron de radar, puisque ce dernier a appuyé des événements internationaux semblables, comme le Sommet des leaders nord-américains de 2016 (à Ottawa, en Ontario), les Jeux panaméricains de 2015 (à Toronto, en Ontario), le G20 de 2010 (à Toronto) et les Jeux olympiques d’hiver de 2010 (à Vancouver, en Colombie-Britannique).

Au même moment, le 8 ECCA a déployé ses escadrilles de gestion expéditionnaire de l’espace aérien à l’aéroport de Saint-Irénée, au Québec. Ces dernières, qui comptaient des officiers du contrôle aérospatial d’autres escadres de l’ARC venus en renfort, ont rempli un certain nombre de rôles importants, notamment fournir des services de contrôle de la circulation aérienne bilingues dans un rayon de 48 kilomètres de l’aéroport de Saint-Irénée, qui est normalement non contrôlé. Ils ont également assuré la planification de l’espace aérien, ce qui a aidé Transports Canada, Nav Canada et la GRC à établir des restrictions efficaces pour contrôler l’espace aérien autour du G7 tout en répondant aux besoins des collectivités de la région. De plus, le 8 ECCA a servi de centre d’information et de communication pour la force opérationnelle aérienne déployée, fonction qui s’est révélée essentielle au maintien de l’effort concerté dans le cadre d’une opération très complexe.

Le succès de l’opération Cadence a permis de mettre en valeur les diverses capacités dynamiques que la présence des groupes professionnels d’officiers du contrôle aérospatial et d’opérateurs de contrôle aérospatial peut fournir aux opérations nationales et aux opérations de déploiement, et illustre le haut niveau d’instruction, de dévouement et d’expertise que cette collectivité fournit aux opérations aériennes.

Contrôler l’espace aérien au Sommet du G7

Par le capitaine Gabriel Lafrance-Robineau

En tant que contrôleur aérospatial et, plus précisément, au stade actuel de ma carrière en tant que contrôleur de la circulation aérienne à la 15e Escadre Moose Jaw, en Saskatchewan, j’ai eu la chance de pouvoir participer à l’opération Cadence, soit les mesures de soutien des Forces armées canadiennes au Sommet du G7 à l’aéroport de Charlevoix, à Québec.

Notre équipe de gestion expéditionnaire de la circulation aérienne (GECA) bilingue comptait six officiers et six militaires du rang spécialisés dans les opérations selon les règles de vol aux instruments (IFR) et les règles de vol à vue (VFR). Nous avons commencé à nous entraîner à Cornwall, en Ontario, à l’École des opérations de contrôle aérospatial des Forces canadiennes (EOCAFC), où nous avons été initiés à l’espace aérien de Charlevoix ainsi qu’à nos divers rôles. De plus, comme plusieurs d’entre nous n’avaient jamais contrôlé un espace aérien en milieu bilingue, nous avons suivi un cours intensif sur la radiotéléphonie en français.

Le premier jour, nous avons entamé des discussions sur la meilleure façon de remplir notre mandat à mesure que divers scénarios étaient présentés. Dans notre équipe, il y avait un bon équilibre entre les membres jeunes et enthousiastes et ceux ayant plus d’expérience qui ont instinctivement adopté des rôles de mentor. À la fin de notre instruction préalable à l’opération, nous avions appris à connaître l’aérodrome et l’espace aérien et nous avions une bonne compréhension de ce dans quoi nous nous étions embarqués.

Nous avons quitté l’EOCAFC et nous sommes arrivés à l’aéroport de Charlevoix dans un camp militaire presque terminé, où notre infrastructure de contrôle initiale et nos espaces de vie étaient prêts. Nous avons été accueillis par l’équipe permanente du 8e Escadron de communication et de contrôle aériens (8 ECCA), qui n’a pas perdu de temps à nous faire visiter l’aérodrome afin que nous puissions nous familiariser avec lui. Au cours de la semaine suivante, les techniciens en télécommunications aérospatiales, en systèmes d’information et en systèmes électriques ont travaillé avec diligence jour et nuit pour nous fournir une tour de contrôle fonctionnelle et un abri pour les règles de vol aux instruments. Étant donné que notre première tour était hors service le premier jour d’exploitation, nos contrôleurs au sol et à la tour ont prouvé avec détermination que, à tout le moins, il est possible de gérer le trafic en toute sécurité, pourvu qu’il y ait des communications radio efficaces. Nos premiers jours d’opération ont été remplis de pépins, mais aussi de solutions ingénieuses.

Une fois que nous avons commencé à contrôler le trafic aérien, et que tous les autres participants à l’opération Cadence se sont familiarisés avec leurs divers rôles et la cadence opérationnelle, notre rythme de travail s’est stabilisé. Une compétence que les contrôleurs acquièrent tôt dans leur carrière professionnelle consiste à déterminer l’ordre d’importance de l’information et à accomplir les tâches de façon sécuritaire, ordonnée et rapide. Plusieurs organismes participant à l’opération Cadence n’avaient jamais travaillé avec une unité de contrôle de la circulation aérienne auparavant et nous posaient fréquemment des questions.

L’équipe du 8 ECCA est impressionnante. Malgré des ressources limitées, ses membres ont fait ce qui m’a semblé impossible en si peu de temps. Ils ont établi une unité de contrôle d’aérodrome militaire et une unité militaire de contrôle terminal à l’intérieur d’un aéroport conçu pour être non contrôlé. Ils ont également créé une approche de précision afin de garantir son utilisation par mauvais temps. De plus, cela s’est fait au milieu de l’une des voies aériennes les plus fréquentées du Canada au-dessus du fleuve Saint-Laurent.

Le concept de GECA a fait ses preuves, au pays, pendant l’opération Cadence, et j’attends avec impatience et envie ceux qui pourront être déployés au sein de l’équipe du 8 ECCA, tant au pays qu’à l’étranger, à l’avenir.

Le capitaine Lafrance-Robineau est contrôleur aérien à la 15e Escadre Moose Jaw, en Saskatchewan.

 

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  • Un homme portant un uniforme à camouflage et un casque d’écoute est assis à un ordinateur devant deux écrans dans une pièce sombre.
  • Un homme portant un uniforme à camouflage et un casque d’écoute devant trois ordinateurs dans une tour de contrôle à parois vitrées.
  • Une femme portant un uniforme à camouflage et un béret bleu se tient debout sur une colline herbue. Derrière elle se trouve une grande étendue d’eau.
  • Un homme portant un uniforme à camouflage travaille à l’ordinateur.
  • Une femme portant un uniforme à camouflage et un casque d’écoute travaille à l’aide d’un ordinateur. À l’arrière, on voit des hommes en uniforme devant des ordinateurs.
  • Une femme portant un uniforme à camouflage et un casque d’écoute devant des écrans dans une tour de contrôle. À l’arrière, on voit une piste.
  • Un homme portant un uniforme à camouflage et un béret bleu se tient au garde-à-vous devant de grandes antennes.
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