Récit des FAC | « Mon père, avez-vous une minute? »

Étiquettes : | | | |

Transcription

Je suis la colonel Barbara Putnam et je travaille comme aumônier dans les Forces armées canadiennes. J’occupe actuellement le poste de directrice du soutien stratégique au bureau du général de la chapelle.

Je n’ai jamais envisagé de m’enrôler dans les forces armées. Je ne savais même pas que les Forces armées canadiennes offraient des services d’aumônerie. Après l’écrasement du vol Swissair 111, j’ai vu les soldats de notre collectivité accomplir une tâche impossible et horrible. Je me suis alors interrogée sur leur résilience spirituelle. Qui s’occupait d’eux? C’est à ce moment que j’ai découvert les services d’aumônerie des Forces armées canadiennes.

En étant aumôniers dans les forces armées, nous portons le même uniforme que tout le monde et nous adoptons le même mode de vie. Nous comprenons la complexité de la vie militaire, ses facteurs de stress et ses défis. Nous devons nous-mêmes apprendre à les surmonter. Nous sommes donc plus authentiques lorsque nous apportons notre aide.

Quand j’étais jeune, mon père avait des antécédents dans les forces armées dont je n’étais pas au courant. Il en va de même pour mes grands-parents, mon oncle et mon grand-oncle. Mon père et moi n’avions pas prévu d’aller à une cérémonie du Souvenir, mais je l’ai encouragé à y aller puisqu’il n’y avait pas assisté depuis plusieurs années. Nous nous sommes tenus à l’écart du cénotaphe. Bien sûr, j’étais en uniforme et nous portions tous les deux nos coquelicots. J’ai eu la chair de poule à être là, sachant qu’il avait aussi servi et à quel point il était fier que je sois là, en uniforme, avec lui.

En 2003, j’ai participé à un déploiement avec mon unité en Afghanistan. Il s’agissait de la première mission de combat à laquelle nous prenions part depuis de très nombreuses années. Lorsque les troupes quittaient la sécurité relative du camp pour participer à une mission, nous priions pour qu’elles reviennent en toute sécurité. Évidemment, nous priions avec elles lorsque les véhicules partaient du camp. Quand quelque chose de tragique se produisait et que nous attendions le retour de ce groupe, nous espérions avoir les bons mots à leur dire. Parfois, ce ne sont même pas des mots. Il suffit quelquefois d’une simple main sur l’épaule ou sur la main, d’un signe de tête. Il faut vraiment savoir ce qui va faire une différence dans ces moments-là.

Dans les Forces armées canadiennes, nous sommes en quelque sorte le reflet de la société canadienne. Il y a des chrétiens, des musulmans, des juifs, des bouddhistes, des personnes d’autres religions, mais aussi des gens qui n’adhèrent à aucune croyance. À l’aumônerie, notre devise est que nous prenons soin de tous, quelle que soit leur foi. Plus nous apprenons à connaître ces gens et leur famille, plus ils en viennent la plupart du temps à nous poser cette fameuse question que nous aimons beaucoup entendre : « Mon père, avez-vous une minute? » Bien sûr, nous avons toujours une minute. Ce sont ces moments que nous chérissons.

Date de modification :