Réunion au Rwanda : l’histoire d’un gardien de la paix

Canadian and UN flags
Les drapeaux du Canada et de l'Organisation des nations unies à Kigali, Rwanda. Photo : Archives du MDN

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Par Jesse Richardson, adjoint aux communications, Anciens Combattants Canada

À l’approche du 10e anniversaire de la Journée nationale des Gardiens de la paix, le 9 août, il est important de réfléchir aux réalisations de nos soldats et à leurs sacrifices pour aider les Nations Unies à devenir un champion de la paix et de la stabilité dans le monde entier. Il convient de noter que ces gardiens de la paix partagent une perspective différente de celle des soldats du temps de la guerre. Ils mettent leur vie en danger pour le pays d’autrui, pour protéger la souveraineté des autres et pour aider la démocratie à s’épanouir partout où elle a – ou peut avoir – des racines.

En tant que membre fondateur de l’ONU, le Canada a participé à de nombreuses opérations de maintien et de rétablissement de la paix depuis sa création en 1945. Nos soldats ont servi partout dans le monde, de la jungle du Cambodge à la bande de Gaza en Égypte, en passant par Kandahar, en Afghanistan, etc. Quatre cents d’entre eux ont également été envoyés au Rwanda en 1994 lors de l’un des pires génocides de l’histoire récente – le massacre de citoyens tutsis par leur tribu voisine, les Hutus.

Se mettre dans la peau de ces soldats canadiens, qui ont été parmi les premiers soldats de soutien à mettre pied dans ce pays africain ravagé par la guerre, en 1993, et qui ont vu directement le pire de la violence, n’est rien de moins qu’impossible. Nous voyons souvent des images et lisons des articles sur des enfants affamés, la brutalité indescriptible, les ressources minimales et la culpabilité paralysante. Cependant, un article récent écrit par un journaliste de la CBC, Stu Mills, intitulé Lost and Found (en anglais seulement), offre une vision moderne de l’état actuel du Rwanda reliant le passé au présent en racontant la véritable histoire de deux individus. Mills raconte la réunion de Sammy Sampson, un caporal servant l’ONU au lac Kivu à l’époque, et Sammy Tuyishime, un Rwandais que Sampson a sauvé pendant le conflit et qui est maintenant un homme d’affaires prospère vivant dans la capitale du pays, Kigali.

Comme beaucoup de Canadiens qui ont participé à des opérations pour tenter d’endiguer les conflits dans des pays lointains, Sampson est rentré chez lui avec des sentiments extrêmes de culpabilité après avoir quitté la zone de guerre au Rwanda. C’est trop souvent le fardeau que les gardiens de la paix du monde entier doivent porter et une circonstance particulière de leur situation en tant que tierces parties participant à des affrontements militaires et à des efforts humanitaires. Comment s’engager dans une opération axée sur l’amélioration de la vie de toute une population juste pour partir avant de pouvoir observer une réelle différence? Comme nous l’avons vu dans des endroits comme la Corée du Sud, le changement est une semence qui prend du temps à se développer. Pour ces soldats, revenir en arrière n’est pas facile – mais comme nous pouvons le voir dans l’histoire de Sammy, cela peut en valoir la peine. L’ONU voit maintenant les fruits de son travail se concrétiser quelques années plus tard. Le Rwanda est un pays pacifique et en pleine croissance économique, tandis que la Corée du Sud est une démocratie à part entière et dynamique.

Ces exemples donnent au monde des aspirations pleines d’espoir pour l’avenir de lieux où il y a encore de l’agitation parce que les Canadiens et les autres membres de l’ONU continueront de collaborer au moment et à l’endroit nécessaires. Nos gardiens de la paix s’apparentent aux ambassadeurs du Canada dans le tiers-monde. Ils démontrent l’engagement de notre pays à préserver la liberté et le bien-être de la communauté internationale à laquelle nous appartenons tous. C’est une occasion rare, mais particulière où un soldat comme Sammy Sampson peut se rappeler le bon travail que lui et ses camarades soldats ont accompli et qui s’est reflété dans le succès d’un survivant comme Sammy Tuyishime.

Le 9 août prochain, à l’occasion de la Journée nationale des Gardiens de la paix, souvenez-vous des Canadiens qui ont servi, de ceux qui servent encore et, si vous en avez la chance, rappelez-leur le bien qu’ils ont fait en contribuant à offrir des possibilités à des gens qui en avaient besoin.

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