Des soins de santé dans des conditions difficiles : les techniciens médicaux des FAC expliquent leur rôle pendant l’Op PRESENCE – Mali

Deux techniciens médicaux transportent une boîte de carton pleine de matériel.
Gao, Mali. Le 13 juillet 2018 – Le Cpl Marjorie Matte (à gauche) et le Cpl Alexandre Gagné (à droite), techniciens médicaux du 25e Centre de Services de Santé, en soutien à l’opération PRESENCE – Mali, vérifient leur matériel médical au Camp Castor. (Photo : Cplc Jennifer Kusche)

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Par le Cpl Alexandre Gagné et le Cpl Marjorie Matte, Techniciens médicaux du 25e Centre des Services de santé des Forces canadiennes

Être les premiers techniciens médicaux (médics) des Forces armées canadiennes (FAC) en déploiement à Gao au Mali implique plusieurs difficultés. La chaleur, la poussière, le manque de ressources, le niveau de danger, les délais et les communications manquantes rendent notre travail plus complexe et nous devons faire preuve de débrouillardise.

L’entraide est certainement notre plus grande force, ce qui nous permet, entre autres, de faciliter notre adaptation aux nouvelles conditions de cet environnement. Tous les quarts de métiers doivent travailler ensemble vers un but commun qui est l’ouverture du camp pour les canadiens.

Nous avons reçu beaucoup d’aide de la part des allemands qui sont présents sur le camp depuis déjà plusieurs années. Même avec des ressources limitées, le travail d’équipe nous permet d’être plus efficaces. Nous recevons aussi beaucoup de compréhension et de confiance de la part des superviseurs. En étant valorisé dans notre travail, nous pouvons donner un meilleur rendement. De plus, la camaraderie dans une situation comme celle-ci est beaucoup plus facile. Les liens d’amitiés se créent plus rapidement, sans nécessairement tenir compte des grades. Ici, tous les militaires doivent donner un maximum d’efforts, quel que soit la tâche car on est tous ensemble dans le même désert!

La communication sur le camp est difficile. Nous n’avons pas accès au réseau cellulaire, ni aux réseaux sociaux. Quelques minutes par jour avec un téléphone satellite nous permettent de donner des nouvelles à nos familles. Nous pouvons toutefois profiter de la cafétéria du camp où nous mangeons bien. La température ressentie frôle parfois les 50 degrés Celsius. Heureusement, nous avons la chance d’avoir l’air climatisé dans l’hôpital rôle 1 que nous sommes venus installer et dans les tentes où nous dormons. Parfois, le sommeil est plus difficile lors des tempêtes de sables « Haboob » ayant des vents de plus de 100 km/h. Le temps de douche est limité à deux minutes par jour, mais au moins nous avons de l’eau chaude (haha!).

Au niveau médical, l’environnement ne permet pas toujours d’avoir des techniques propres ou stériles, donc plus de précautions sont nécessaires. L’installation de l’hôpital rôle 1 a aussi été un défi compte tenu de ces conditions, de l’espace disponible, et du matériel qui arrivait un peu à tous les jours. L’expérience que nous avons acquise au courant des années précédentes nous a permis de palier aux difficultés rencontrées. Comme nous n’avons pas de distractions extérieures, nous sommes davantage axés sur les tâches de la mission dont le contact avec les patients, qui eux, sont très respectueux du travail que l’on fait. Étant donné le niveau de menace, nous devons toujours être prêts à toute éventualité.

Toutes ces conditions réunies ont le pouvoir d’augmenter la maturité d’un médic, tant au niveau militaire qu’au niveau des aptitudes médicales. L’opportunité que nous avons eu de vivre cette expérience sera gravé dans nos mémoires et nous repartirons fièrement d’ici avec une corde de plus à nos arcs.

Galerie d'images

  • Une militaire sourit et se tient à côté d’une clôture de barbelés dans le désert.
  • Un militaire regarde le désert à côté d’une clôture de barbelés.
  • Deux techniciens médicaux examinent du matériel dans un sac.
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