Un futur navire imprégné du passé

Capitaine de frégate Michele Tessier

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Par l’enseigne de vaisseau de 1re classe M.X. Déry

Le capitaine de frégate Michele Tessier a suivi de l’instruction afin de se préparer aux défis particuliers associés au travail dans l’Arctique à titre de commandant du NCSM Margaret Brooke, le deuxième navire de patrouille extracôtier et de l’Arctique de la classe Harry DeWolf.

Le navire porte le nom du capitaine de corvette Margaret M. Brooke, qui a survécu au naufrage du traversier SS Caribou après qu’il ait été torpillé par un sous-marin allemand au large des côtes de Terre-Neuve en octobre 1942. Elle et sa collègue, l’Ens 1 Agnes Wilkie, se sont cramponnées aux cordes d’une embarcation de sauvetage chavirée, jusqu’à ce que l’hypothermie fasse perdre conscience à l’Ens 1 Wilkie. Agrippant l’embarcation de sauvetage d’une seule main et son amie inconsciente de l’autre, le Capc Brooke aura déployé un effort héroïque jusqu’à l’aube, alors qu’une vague emporta l’Ens 1 Wilkie. Pour avoir fait preuve d’un tel dévouement, le Capc Brooke a été nommée Membre de l’Ordre de l’Empire britannique.

« Nous voulons nous assurer que l’histoire du Capc Brooke ne soit pas oubliée et qu’elle soit immortalisée dans le navire; nous voulons lui rendre hommage non seulement en donnant son nom au navire, mais aussi, lors de nos visites dans différentes régions du Canada, en parlant de la personne qu’elle était et en expliquant pourquoi le navire porte son nom », déclare le Capf Tessier.

Elle a récemment passé quelques jours dans la région de Saskatoon, pour visiter les endroits importants dans la vie du Capc Brooke.

Le Capf Tessier a parlé à l’équipage du NCSM Unicorn de la division de la Réserve navale de Saskatoon, l’unité dans laquelle le Capc Brooke s’était enrôlée en 1942, de ses expériences dans l’Arctique et des possibilités qui s’offriront à l’avenir.

« Je leur ai donné mes impressions sur l’Arctique, que c’est une belle région, mais dangereuse et fragile, et je leur ai expliqué quel impact nous pouvons avoir là-bas », souligne-t-elle.

Elle a aussi rencontré le maire de Saskatoon, donné une présentation au Conseil international du Canada et rencontré la doyenne du College of Arts and Science de l’Université de la Saskatchewan.

Cette dernière rencontre a eu lieu lors de la remise de l’Alumni of Influence Award à titre posthume au Capc Brooke, qui a obtenu trois diplômes à cette université, pour ses travaux de grande qualité sur la géologie de la Saskatchewan et l’Alberta et ses exploits pendant la Deuxième Guerre mondiale.

À la cérémonie, le Capf Tessier a rencontré pour la première fois les nièces du Capc Brooke, Margaret et Allyson Brooke; Margaret est la marraine du navire. « Je crois que c’est important de faire un lien entre le navire et Saskatoon, étant donné que la famille Brooke vient de cette région et les liens entre Margaret et cette ville. »

Après avoir visité la Saskatchewan, le Capf Tessier est retournée à Victoria en sachant très bien que beaucoup d’autres voyages l’attendent, notamment un déménagement à Halifax cet été.

« Je suivrai un cours au Marine Institute à St. John’s, le cours de navigation dans les glaces », annonce le Capf Tessier.

Après ses deux voyages dans l’Arctique, elle a hâte à ses prochains voyages d’entraînement à bord d’un brise-glace, le Navire de la Garde côtière canadienne (NGCC) Louis S. St-Laurent.

« J’ai la chance de voir les régions ouest et est de l’Arctique, le golfe du Saint-Laurent et le fleuve Saint-Laurent », affirme-t-elle.

L’entraînement en déglaçage peut être déroutant même pour les marins expérimentés qui passent des années à apprendre comment éviter les collisions avec des objets dans la mer.

« Je dis souvent que j’ai passé 20 ans de ma carrière à apprendre comment ne rien frapper et que maintenant, on me dit de tout frapper avec le navire », plaisante le Capf Tessier.

À bord du NGCC Louis S. St-Laurent, elle a pu acquérir de l’expérience directe du déglaçage. « Je tenais physiquement l’accélérateur et j’ai envoyé le navire directement dans la glace. J’ai ressenti un tremblement puis un craquement dans la glace, et ensuite le navire s’est incliné à trois degrés sur tribord. »

Cependant, pour commander un navire dans l’Arctique, savoir comment briser la glace ne suffit pas. Elle a demandé au commandant du Louis S. St-Laurent, le capitaine Wayne Duffett, ce qui l’inquiète le plus à part les mauvaises conditions météorologiques, la stabilité du vaisseau ou le fait de frapper la glace.

« Il m’a dit que c’était d’être là-bas avec des officiers de quart inexpérimentés, qui ne savent pas toujours quand la situation devient plus précaire, un peu plus dangereuse; un excès de confiance peut faire en sorte que la situation tourne mal très rapidement », affirme le Capf Tessier.

Elle connaît bien les dangers de l’Arctique et son rôle à titre de gardienne du Nord.

« L’Arctique est un environnement intact que nous essayons de ne pas polluer, alors nous devons protéger la région de l’Arctique tout en protégeant ses eaux. »

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