L’Équipe de sécurité navale protège les navires dans les ports étrangers

Le matelot de 2e classe Alex Gauthier, membre de l’Équipe de sécurité navale, assure le quart.

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Par Darlene Blakeley

La sécurité des navires et des marins en ports étrangers est la principale préoccupation de l’équipe souple, évolutive et dynamique qui a récemment été dépêchée par les Forces maritimes du Pacifique, à Esquimalt, en C.-B., vers Copenhague, au Danemark.

Pendant trois semaines, l’Équipe de sécurité navale (ESN) de la mission de déploiement s’occupera de la composante de protection de la force du Navire canadien de Sa Majesté (NCSM) St. John’s lors des bordées de quart, pendant la période de repos et de maintenance du navire à Copenhague, afin que davantage de membres de l’équipage du navire puissent rentrer chez eux pendant leur pause désignée de la mission dans le cadre de l’opération REASSURANCE.

L’Op REASSURANCE fait partie du soutien du Canada à l’appui des mesures d’assurance et de dissuasion de l’OTAN en Europe centrale et en Europe de l’Est. Le NCSM St. John’s a entrepris sa mission le 18 janvier 2018, lorsqu’il s’est joint au 1er Groupe de la Force navale permanente de réaction de l’OTAN, composé de navires de divers pays alliés œuvrant à un but commun dans la mer Méditerranée, l’Atlantique Nord, l’océan Atlantique et la mer Baltique.

L’ESN de la Marine royale canadienne offre aux réservistes navals l’occasion de participer à des opérations expéditionnaires réelles aux quatre coins du monde. L’instruction donnée aux marins est axée sur des séries de compétences opérationnelles et tactiques précises, et elle est plus poussée que celle offerte lors des cours d’instruction professionnelle habituels.

« L’équipe fournit des expériences stimulantes, intéressantes et particulières qui entraînent des avantages sur terre autant qu’en mer », explique le capitaine de corvette Jeff Chura, qui a pris le commandement de l’ESN le 9 mars. « Ce type d’instruction et de travail peut contribuer à donner un nouveau souffle à la Réserve navale en accroissant non seulement le recrutement, mais aussi le maintien en poste. »

Pour les besoins du présent déploiement, l’équipe a fait appel à 36 réservistes de 18 divisions de la Réserve navale au pays, qui représentent l’ensemble des groupes professionnels militaires. Ensemble, les membres de l’équipe parlent neuf langues différentes.

Le Capc Chura affirme que l’instruction varie selon le type de mission et la taille du groupe. Par exemple, l’équipe actuelle a participé à quatre semaines d’instruction diverse, notamment des séances de tir tactique dynamique en compagnie du Groupe des opérations tactiques maritimes (GOTM); des cours de secourisme au combat et de premiers soins; de l’entraînement aux armes et aux munitions pour le perfectionnement du processus décisionnel qui mène à tirer ou non; des cours avec la GRC pour cerner les personnes qui portent des armes dissimulées; l’aspect psychologique/état d’esprit des suspects criminels/terroristes, en plus de l’instruction portant sur l’organisation, les tâches et les responsabilités d’une organisation de protection de la force à bord d’un navire.

À la fin du programme d’instruction, l’équipe a participé à une période de validation d’une semaine avec Entraînement maritime (Pacifique) pour déterminer sa disponibilité opérationnelle.

Les membres de l’équipe avaient bien hâte de se rendre à Copenhague après leur calendrier d’instruction bien rempli. Parmi les caractéristiques communes qui unissent les membres de l’équipe, on retrouve un goût pour l’aventure et le voyage s’inscrivant dans une structure de discipline personnelle et d’une solide éthique de travail, un souci du travail d’équipe et la capacité de forger des amitiés solides, une tendance à aimer apprendre et se dépasser au plus haut point, ainsi que l’envie de mener une vie active.

Le matelot de 2classe Alex Gauthier, un réserviste du NCSM Champlain à Chicoutimi, parle plusieurs langues et il s’est joint à l’ESN plus tôt cette année. Il attend avec impatience son expérience outremer, ajoutant qu’il aime sortir de sa zone de confort et relever de nouveaux défis.

« Faire partie de l’ESN est un grand défi qui fait appel aux valeurs du travail d’équipe et de l’autodiscipline, explique-t-il. J’adore que l’équipe soit entièrement composée de réservistes de partout au pays et qu’elle démontre que nous pouvons accomplir de grandes choses ensemble. »

Le Mat 2 Stephanie Vibert abonde dans le même sens. Le patron d’embarcation du NCSM York à Toronto aimerait de surcroît inspirer les jeunes Canadiennes.

« J’aimerais leur dire qu’elles peuvent, sans l’ombre d’un doute, exceller dans une carrière traditionnellement réservée aux hommes, souligne le Mat 2 Vibert. Et je suis très fière de pouvoir protéger mes compagnons de bord et mon pays grâce à mon travail dans l’ESN. »

Elle ajoute qu’elle est motivée par l’idée d’utiliser les connaissances et les compétences qu’elle a acquises lors de l’instruction pour explorer de nouveaux endroits. « Je cherchais l’aventure, les voyages, la camaraderie et les amitiés durables. Je suis très chanceuse d’avoir déjà trouvé ces choses pendant ma carrière au NCSM York. »

Selon le Capc Chura, le concept de l’ESN représente une nouvelle capacité hors de l’ordinaire pour la MRC, une équipe dynamique qui se consacre entièrement à la protection de la force et à la sécurité.

Il explique : « En tant qu’organisation, c’est quelque chose que nous n’avons jamais eu auparavant. Les programmes d’instruction sont encore relativement nouveaux et ils sont peaufinés et améliorés constamment. Par contre, jusqu’à présent, je crois qu’ils ont fait leurs preuves en tant que producteurs d’une force bien équilibrée et efficace. »

Ce fut le cas dès la première mission de déploiement de l’ESN, conçue pour prouver la capacité du concept, l’an dernier, à Busan, en Corée du Sud. L’équipe de 78 personnes a fourni des services de protection de la force au NCSM Winnipeg pendant la visite portuaire de ce dernier dans la région. L’équipe a également collaboré étroitement avec le personnel de la Marine de la République de Corée pour préparer et présenter une démonstration des opérations conjointes entre les deux marines à l’intention des officiers généraux et des dignitaires canadiens et coréens.

« Les commentaires du Winnipeg et de la Marine coréenne étaient élogieux », signale le Capc Chura, qui fait partie de l’ESN depuis sa création. « Il n’y a aucun doute que l’efficacité du concept de l’ESN a été prouvée. »

La deuxième mission de déploiement de l’équipe comprenait 10 membres de l’ESN et deux membres du GOTM à Suva, qui ont été envoyés à Fidji, pour participer à un exercice de renforcement des capacités axé sur l’engagement mondial avec la Marine de la République de Fidji. Pendant une semaine, les deux marines ont fait des démonstrations et parlé de leurs instructions permanentes d’opérations.

« Le Capc Wil Lund, commandant du GOTM, et moi avons eu l’occasion de discuter avec le haut-commissaire du Canada et l’attaché de la Défense du Canada à Fidji, ainsi qu’avec des membres des Forces fidjiennes et du personnel diplomatique, en plus de nombreux attachés de défense de divers pays. Cette expérience a connu tellement de succès que la MRC a été invitée à retourner dans la région. L’ESN et un navire canadien retourneront donc à Fidji ce printemps. »

Lorsque la mission à Copenhague sera terminée, le noyau principal de l’ESN continuera à planifier les opérations futures et à s’entraîner en prévision de ces dernières. Les réservistes de l’équipe actuelle seront démobilisés et retourneront à leurs fonctions dans le cadre de leur contrat avec la Réserve navale ou à leur unité d’attache. Ceux qui ont suivi l’instruction et acquis l’expérience formeront ensuite un bassin de personnel pouvant être appelé à participer à une nouvelle mission de déploiement de l’ESN à l’avenir.

« Actuellement, dans le cadre de l’emploi du personnel et de la cadence des opérations, seulement une équipe à la fois est envoyée en mission. Cependant, à mesure que l’équipe continue d’évoluer et de prendre de l’expansion, il est possible qu’à l’avenir, on puisse envoyer plus d’une équipe en mission en même temps, révèle le Capc Chura. L’ESN ne se repose jamais sur ses lauriers et cherche constamment à se dépasser. »

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