Un sous-marin accumule les succès en Asie-Pacifique

Le NCSM Chicoutimi à son arrivée à Yokosuka, au Japon.
Le NCSM Chicoutimi à son arrivée à Yokosuka, au Japon.

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Par Darlene Blakeley

Le Navire canadien de Sa Majesté (NCSM) Chicoutimi, un sous-marin canadien, a accumulé beaucoup de premières pendant sa longue période de service en Asie-Pacifique.

C’était la première fois qu’un sous-marin de la classe Victoria, de la Marine royale canadienne (MRC), menait des opérations dans la région, qu’il partait pendant si longtemps, soit près de 200 jours, qu’il participait à l’exercice ANNUALEX, antérieurement bilatéral, avec la Marine américaine (USN) et la Force d’autodéfense maritime japonaise (FADMJ), et qu’il faisait escale dans les ports de Yokosuka et de Sasebo, au Japon et à Guam.

« Normalement, il faut mettre le sous-marin en cale sèche pour changer les batteries, mais cette fois-ci, nous avons été en mesure de le faire dans l’eau, sans incident, grâce à l’expertise de l’Installation de maintenance de la Flotte Cape Breton. » — le capitaine de vaisseau Chris Robinson

C’était aussi la première fois qu’un sous-marin de la classe Victoria participait à une activité de déploiement d’envergure, réalisée par le personnel des Forces maritimes (Pacifique), ou FMAR(P), et de l’Installation de maintenance de la Flotte Cape Breton (IMF Cape Breton), dans des ports japonais, et tout cela pendant que se déchaînait le très violent ouragan Lan.

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  • Le NCSM Chicoutimi aux côtés d’une frégate française.
  • Le NCSM Chicoutimi à son arrivée à Yokosuka, au Japon.
  • Le NCSM Chicoutimi vogue parmi des bâtiments de la Marine américaine et de la Force d’autodéfense maritime japonaise dans le cadre de l’ANNUALEX.

« C’était un déploiement extraordinairement réussi », proclame le capitaine de vaisseau Chris Robinson, commandant de la Force sous-marine canadienne.

Le NCSM Chicoutimi, placé sous les ordres du capitaine de frégate Stéphane Ouellet, a quitté son port d’attache d’Esquimalt, en Colombie-Britannique, au début de septembre 2017. Sa mission, en peu de mots, consistait à soutenir l’engagement mondial du Canada au moyen de partenariats stratégiques, d’escales et d’interactions opérationnelles.

Mais cette mission n’avait rien de simple. Pendant plusieurs mois, le Chicoutimi a mené des activités de renseignement, de surveillance et de reconnaissance et interagi à sept reprises avec la Marine américaine, la FADMJ, la Marine nationale française, l’Aviation royale britannique et la Force aérienne australienne. Il a également participé à des opérations avec plus de 20 navires de surface et 50 aéronefs, et il s’est livré à plus de 180 heures d’engagements de sous-marin à sous-marin.

Selon le Capv Robinson, c’est grâce à l’équipage si les activités ont entraîné une telle réussite, malgré le rythme opérationnel élevé. L’équipage n’a ménagé aucun effort et surmonté des difficultés avant même le départ, comme l’échange imprévu de la batterie principale du bâtiment, en mai dernier.

« La batterie, qui est la vie même du sous-marin, ne tenait pas les promesses de ses spécifications fonctionnelles, raconte le Capv Robinson. Normalement, il faut mettre le sous-marin en cale sèche pour changer les batteries, mais cette fois-ci, nous avons été en mesure de le faire dans l’eau, sans incident, grâce à l’expertise de l’IMF Cape Breton. Cela nous a permis de retourner à la tâche beaucoup plus vite. »

L’un des grands bénéfices de cette mission du Chicoutimi a été la possibilité de mieux comprendre les difficultés associées à l’opération de sous-marins de la classe Victoria dans une zone éloignée et stratégiquement importante.

« Nous avions pris des dispositions logistiques et de maintenance complexes avec des pays partenaires, situés sur notre trajet, pendant toute cette période de déploiement, rapporte le Capv Robinson. Dans l’ensemble de la MRC, nous comprenons nettement mieux les dispositions logistiques à volets multiples à prendre pour appuyer un sous-marin en déploiement. »

Une maintenance de routine a été faite dans des ports japonais avec le soutien de la Marine américaine. Plus de 30 membres du personnel de l’IMF Cape Breton ont réalisé au-delà de 1 800 heures de maintenance en huit jours. De plus, il y a eu une période de maintenance d’un mois à Guam, marquant la première période de travaux de courte durée jamais réalisée par les FMAR(P) et l’IMF Cape Breton sur un sous-marin en déploiement. D’importantes réparations ont été faites pendant cette période aux génératrices des systèmes hydraulique et de réfrigération, aux moteurs diésel et aux groupes électrogènes des moteurs.

Le Capv Robinson s’empresse d’attribuer le crédit de cette réussite à l’IMF Cape Breton et à une cellule de coordination logistique interarmées des déploiements d’Esquimalt.

« Ils nous ont donné un appui splendide quant au mouvement des pièces de rechange et du personnel, explique-t-il. Ils ont aussi surmonté des obstacles de taille au chapitre du déplacement d’équipement militaire en direction et en provenance du Japon. Nous en avons tiré de précieuses leçons pour les périodes à venir de déploiement de sous-marins. »

Le Capv Robinson estime que l’un des aspects les plus gratifiants du déploiement a été l’établissement de relations avec la Marine américaine et la FADMJ.

« Ces partenariats stratégiques reposent sur l’expérience d’une collaboration allant bien au-delà du superficiel, ainsi que sur la confiance. »

Le Chicoutimi a développé une interopérabilité accrue avec la 7e Flotte de la Marine américaine et il a forgé des liens solides avec la FADMJ. C’était la première fois qu’un sous-marin canadien prenait part à l’ANNUALEX, qui est normalement un exercice annuel bilatéral entre la Marine américaine et de la FADMJ. Cet exercice qui a lieu chaque année dans la partie sud de la mer du Japon sert à mettre en pratique et à évaluer la coordination, les procédures et les éléments d’interopérabilité nécessaires pour intervenir efficacement dans le cadre de la défense du Japon ou d’une situation imprévue dans le bassin indo-pacifique.

« C’est une importante réussite et une expression véritable de la politique de défense Protection, Sécurité, Engagement, explique le Capv Robinson. Cela constitue l’indication claire de l’engagement de la MRC à l’égard de la paix et de la sécurité dans la région et montre que notre marine est entièrement engagée dans la projection de sa puissance maritime loin des rivages canadiens et qu’elle est capable de faire cette démonstration. »

La prouesse du Chicoutimi n’est pas passée inaperçue. « Le Chicoutimi a donné un soutien exceptionnel à l’équipe de la 7e Flotte au cours des derniers mois et j’apprécie sincèrement tout le travail investi pour faire en sorte que ce déploiement ait lieu. Nous espérons que 2018 nous donnera l’occasion de travailler étroitement davantage », déclare le vice‑amiral Phillip Sawyer, commandant de la 7e Flotte de la Marine américaine.

Pendant cette période de déploiement historique, les 59 membres de l’équipage ont été exceptionnellement occupés. La moitié du nouvel équipage du sous-marin a obtenu sa qualification et plusieurs de ses membres ont avancé de plusieurs niveaux de qualification, tout en menant les opérations.

« Au fil de tout cela, l’équipage s’est montré enthousiaste et le moral a été excellent, observe le Capv Robinson. Les familles restées à terre lui ont offert un soutien formidable. »

Contrairement aux navires de surface, les sous-marins, quand ils sont en plongée, n’ont aucun moyen de communiquer avec les familles et les amis, sauf par les « familigrammes » hebdomadaires.

« C’est toujours difficile, précise le Capv Robinson. Il n’y a ni téléphone ni Internet quand le sous-marin est en immersion. »

Pendant les escales, les communications peuvent reprendre leur cours normal et les familles peuvent obtenir des renseignements du Centre de ressources pour les familles des militaires d’Esquimalt.

Maintenant que le Chicoutimi arrive au terme de ce voyage, son équipage se réjouit à l’idée de prendre quelques jours de vacances avant que le bâtiment ne reprenne les opérations, plus tard cette année.

« Les membres de l’équipage peuvent être très fiers d’avoir contribué à la paix et à l’ordre maritimes à l’étranger par leurs patrouilles, par leur établissement de relations stratégiques et par leur interaction avec des pays qui sont nos partenaires, conclut le Capv Robinson. Ce fut, à différents niveaux, une période de déploiement exceptionnel. »

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