Grandes premières pour les FAC : une femme militaire pilote d’essai

Major Catherine Blais
La major Catherine Blais, première et seule femme militaire à exercer les fonctions de pilote d’essai au sein des Forces armées canadiennes. Photo : MDN

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Par la capitaine Marie-Michèle Siu

Pour souligner la Journée internationale de la femme le 8 mars, le Centre d’essais techniques (Aérospatiale) (CETA) de Cold Lake, en Alberta, est fier de mettre en vedette la major Catherine Blais, la première et la seule femme militaire à exercer les fonctions de pilote d’essai au sein des Forces armées canadiennes (FAC).

Au cours des 50 dernières années, on a trié sur le volet plus d’une centaine de pilotes pour travailler au CETA. En tant que pilote polyvalente, la Maj Blais a accumulé plus de 2 700 heures de vol à bord d’aéronefs militaires et civils, tant des aéronefs à voilure fixe que des aéronefs à voilure tournante, comme le CT-114 Tutor, le CT-156 Harvard II, le CH-146 Griffon et le CH‑149 Cormorant.

« Mon aéronef préféré est l’hélicoptère UH-60 Black Hawk parce qu’il est un emblème de l’aviation militaire qui a été véritablement conçu pour remplir sa mission. De plus, j’ai bien aimé le piloter à l’École de personnel navigant d’essai et de réception », affirme-t-elle.

Outre son impressionnante expérience de vol, la Maj Blais est titulaire de diplômes de premier cycle et d’études supérieures en génie aérospatial de l’École polytechnique de Montréal. Par ailleurs, elle est ingénieure professionnelle certifiée en Alberta.

En 2003, la Maj Blais s’est enrôlée dans les FAC pour saisir des occasions qui réveillaient son sens de l’aventure. Elle souhaitait tirer parti de ses diplômes en ingénierie d’une façon qui sortait de l’ordinaire, et « l’idée d’être assise à un bureau jusqu’à la fin de mes jours me répugnait », explique-t-elle.

Sa première affectation a été comme instructrice à la 2e École de pilotage des Forces canadiennes, à Moose Jaw, en Saskatchewan. En août 2010, elle a pris part à un déploiement en Afghanistan pour piloter le CH-146 Griffon à l’appui des opérations de l’Armée de terre. À la suite du déploiement, elle a été sélectionnée comme pilote d’essai des FAC, puis elle a été affectée au CETA après la collation des grades de décembre 2013. Elle affirme que le point saillant de sa carrière à ce jour est le temps qu’elle a passé à la United States Naval Test Pilot School (école de pilotage d’essai naval des État-Unis), située à la base aéronavale de Patuxent River, au Maryland.

Durant une journée typique, un pilote d’essai effectue une demi-journée de vol et soutient d’autres projets, entre autres, la planification d’essais, la préparation de rapports, la participation à des commissions de révision et la présence à des réunions de génie. Lorsqu’elle exécute un projet d’essai, il arrive que la Maj Blais effectue deux ou trois vols d’essai par jour, elle prépare ses rapports et elle planifie les objectifs du lendemain. « Même si les journées sont longues lors des essais en déploiement, elles sont satisfaisantes », précise-t-elle.

Au fil des quatre dernières années, la Maj Blais a pris part à de nombreux projets, par exemple, l’enquête sur les vibrations du moteur du CH‑149 Cormorant, l’acceptation du simulateur du CH‑147F Chinook, la certification de la navigation de surface et de la qualité de navigation requise du CH‑146 Griffon, la mise à l’essai du vêtement anti-gravité du CT‑156 Harvard II, de même que les essais de mise au point du système d’approche de précision pour hélicoptère maritime du CH‑146 Griffon.

Aux femmes qui envisagent de devenir pilotes d’essai elle offre le conseil suivant : « C’est un domaine à prédominance masculine qui est toutefois fondé sur les compétences. C’est pourquoi, si vous avez les antécédents et l’expérience requis, il n’y a aucune raison pour laquelle vous n’excelleriez pas dans le domaine. »

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