Rencontrez le conseiller autochtone auprès de l’aumônier général

Personnel militaire posant devant une affiche

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Par Grant Cree, The Western Sentinel (Edmonton)

Voici la première partie d’un article portant sur le premier conseiller autochtone des Forces armées canadiennes auprès de l’aumônier général. Dans la première partie, le sergent Moogly Tétrault-Hamel répond aux questions de Grant Cree, collaborateur au Western Sentinel (Edmonton), à propos de son nouveau rôle. Dans la deuxième partie, le Sgt Tétrault-Hamel fait un retour sur ce qu’il a accompli durant sa première année en poste. Voir les liens connexes pour lire le deuxième article.

Ottawa (Ontario) — « Une grande partie de mon travail est de sensibiliser les services de l’aumônerie et l’ensemble des Forces armées canadiennes, » dit le sergent Moogly Tetrault-Hamel, conseiller autochtone auprès de l’aumônier général. Nommé au nouveau poste à Ottawa en août 2016, le Sgt Tetrault-Hamel est occupé par diverses tâches. Ces jours-ci, sa priorité est d’aider les militaires à comprendre ce qu’il fait et pourquoi c’est important.

« C’est important que lorsque nos soldats autochtones passent par la chaîne de commandement ou leur aumônier, ils aient une idée de ce dont le militaire parle. Je ne suis vraiment pas un aumônier, » a-t-il dit en riant. « Il existe de nombreuses Premières Nations différentes, alors personne ne peut se vanter de connaître et comprendre toutes les différentes cultures autochtones. Il serait impossible de parler au nom de chacune. »

En tant que conseiller autochtone, le Sgt Tetrault-Hamel répond aux demandes des membres des Forces armées canadiennes (FAC) et leur fournit des sources actuelles d’information.

« Si c’est une question qui touche un territoire près d’une base, on peut joindre les Aînés locaux ou l’organisation. Si c’est pour la communauté d’origine d’un militaire, on peut communiquer avec le « gardien du savoir » des Aînés.

Le Service de l’Aumônerie royale canadienne a ajouté le poste de conseiller autochtone pour aider les membres autochtones des FAC à recevoir le même niveau d’appui spirituel que les autres militaires. Le Sgt Tetrault-Hamel a participé à plusieurs rassemblements avec les aumôniers des FAC, et il travaille à créer une nouvelle politique pour le Manuel de l’aumônier.

« C’est d’expliquer de quelle façon leur mandat est d’appuyer les Autochtones comme les autres cultures et religions, » dit-il. « De l’avoir sur papier dans un contexte militaire est un pas en avant. Un des obstacles est notre tradition orale, puisqu’elle est extrêmement importante, et il y a certaines choses que nous n’écrirons pas pour qu’elles soient transmises de la bonne façon. »

Le Sgt Tetrault-Hamel admet que d’un point de vue militaire, il peut être difficile de comprendre ces différences culturelles. « Mais il s’agit d’une occasion de sensibiliser davantage sur les raisons pour lesquelles les traditions orales sont aussi importantes, » dit-il. « On peut donner un aperçu de base, juste assez pour ne pas violer les règles de la tradition orale. »

Comme exemples, le Sgt Tetrault-Hamel parle de la cérémonie de purification et de la hutte de sudation. Il souligne que si la chaîne de commandement d’un militaire ne les connait pas, une politique existera bientôt pour expliquer leur importance d’un point de vue traditionnel. « Lorsque je vais dans une hutte de sudation, c’est comme recharger mes batteries, » dit-il. Il y a beaucoup d’enseignements à ce sujet, mais c’est ma façon de reconnecter avec ma famille quand je suis à l’extérieur. »

Le Sgt Tetrault-Hamel est originaire de la Première Nation des Abénakis à Odanak (Québec), et s’est joint aux FAC en 2001. Il était inspiré par son père qui a servi au sein du Royal 22e Régiment pendant 42 ans, et qui s’est battu pour obtenir l’égalité des droits pour les peuples autochtones. « C’est quelque chose que j’ai appris à reconnaître et à respecter en grandissant, » dit-il.

Le Sgt Tetrault-Hamel a commencé sa carrière militaire comme technicien en approvisionnement et a servi à l’étranger, notamment deux années à bord du NCSM Vancouver et du NCSM Regina. « C’était intéressant. Je suis content de l’avoir fait, mais je suis dans l’Armée, pas dans la Marine, » ajoute-il en riant. « Mais je me suis fait de nombreux amis et j’ai recueilli des histoires intéressantes. »

Peu de temps après s’être enrôlé dans les FAC, il s’est impliqué auprès du Groupe consultatif des Autochtones de la Défense (GCAD) pour défendre les militaires autochtones. Le GCAD est devenu ma nouvelle famille, » explique-t-il. « Tous les militaires viennent d’un coin de pays différent, alors c’est sûr que vous avez le réflexe de vouloir vous sentir à la maison quand vous êtes à l’extérieur. »

L’établissement de relations à tous les niveaux est un facteur essentiel à la réussite, et le Sgt Tetrault-Hamel souligne l’importance de discuter des sujets délicats. « Parfois, la seule chose qui est nécessaire pour sensibiliser est de permettre aux gens d’être dans la même pièce et d’avoir un dialogue franc, » dit-il. « Des choses simples que cela peuvent déplacer des montagnes. »

Il donne le crédit aux anciens combattants autochtones d’avoir servis comme modèles. « D’une certaine façon, ils sont les gardiens du savoir et nos Aînés. Il est donc important de restés en contact parce que nous apprenons beaucoup d’eux, » explique le Sgt Tetrault-Hamel. « Ils ont vécu les mêmes choses que nous vivons; ils sont une source de connaissance et d’expérience. »

Le Sgt Tetrault-Hamel parle également des programmes pour les jeunes comme Bold Eagle. « Ces programmes sont extrêmement importants si on veut exposer les jeunes au style de vie militaire, » ajoute-il. Pour leur part, les participants acquièrent une expérience précieuse pendant l’été de leur instruction militaire de base, tandis que les instructeurs des FAC en apprennent davantage sur les jeunes autochtones. « Et nous créons des liens, ce que nous devons faire en tant que pays pour aller de l’avant, » dit-il. « C’est extrêmement important. »

Lorsqu’il discute de son rôle comme conseiller autochtone auprès de l’aumônier général, le Sgt Tetrault-Hamel souligne, « Il ne s’agit pas uniquement d’une situation au sein des Forces armées canadiennes, mais d’une situation canadienne. Nous favorisons la compréhension entre nos cultures autochtones et nos Canadiens non-autochtones. »

Il est préoccupé que bon nombre d’Autochtones ne connaissent pas leur culture ou histoire autochtone, et il est déterminé à prendre les choses en main. « Je pense à notre responsabilité en tant qu’Autochtones dans l’Armée d’obtenir le plus de connaissances possibles afin de combler les écarts grâce à la compréhension. »

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Article / Le 16 octobre 2017 / Numéro de projet : 17-0173

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