Des partenaires internationaux sauvent des marins au milieu de l’Atlantique

Le JRCC Halifax
Le JRCC Halifax a coordonné le sauvetage international de marins au milieu de l’océan Atlantique.

Étiquettes :

Par Lucy Ellis, Affaires publiques du Commandement des opérations interarmées du Canada

Quand un aéronef CC-130 Hercules a quitté Greenwood, en Nouvelle-Écosse, à une heure du matin le 9 juin 2017, les membres d’équipage croyaient qu’ils allaient à la rescousse d’un seul marin en détresse au milieu de l’océan Atlantique. Quand ils ont atteint le marin, deux autres vaisseaux avaient également besoin d’aide.

Les membres d’équipage ont rapidement réalisé qu’ils faisaient partie d’une mission de recherche et sauvetage de plus en plus importante dans le cadre de laquelle, au final, six marins allaient être secourus de quatre vaisseaux sur une période de trois jours.

Cet effort, mené par le centre conjoint de coordination de sauvetage (JRCC) Halifax, a fini par impliquer des ressources aériennes et maritimes de quatre pays ainsi que sept navires commerciaux. Le Canada a offert l’aide de cinq aéronefs de l’Aviation royale canadienne, d’une frégate de la Marine royale canadienne et de deux navires de la Garde côtière canadienne.

« La responsabilité de les ramener sur la terre ferme ne repose pas sur les épaules d’une seule entité », explique M. Sean Arbour, un coordonnateur de la recherche et du sauvetage maritimes au JRCC Halifax qui a aidé à coordonner cette mission. « C’est vraiment extraordinaire d’assumer une partie de cette responsabilité. »

Les marins participaient à l’Original Singlehanded Transatlantic Race et à la Twohanded Transatlantic Race, de Plymouth, au Royaume-Uni, à Newport, au Rhode Island.

Plus de 900 miles nautiques à l’Est de Terre-Neuve, les marins ont été frappés par une forte tempête : ils ont été confrontés à des vagues de quinze mètres et à des vents dont la vitesse allait de 90 à 130 kilomètres à l’heure. Aux fins de référence, les yachts participant à la course mesuraient environ huit et 18 mètres de long.

« C’était probablement les vents les plus violents dans lesquels j’ai eu à voler et les pires conditions avec lesquelles j’ai dû composer », raconte le capitaine Jonathan Bregman, commandant d’aéronef au sein du 413e Escadron de recherche et de sauvetage. « De mon point de vue, la visibilité était affreuse. Il pleuvait énormément, et nous avions donc beaucoup de mal à voir. Il était difficile de trouver le navire avant d’être très proche. »

Malgré tout cela, ils ont réussi à entrer en contact avec le premier marin. Les membres de l’équipage du Hercules lui ont parlé par radio et sont restés au-dessus de son yacht, le Tamarind, pendant un peu moins de deux heures. Sans un avion au-dessus de lui, le marin n’avait aucun moyen d’entrer en contact avec le centre de coordination de sauvetage. Un P3 Orion portugais est arrivé sur les lieux et a assumé la responsabilité de la couverture aérienne pour permettre au Hercules d’aller se ravitailler en carburant. Le marin a été secouru le 10 juin par le RMS Queen Mary II, un navire de croisière qui a fait un détour pour offrir son aide.

« Une des plus anciennes traditions du secteur maritime est que les membres d’équipage de navires de toutes sortes répondent généralement à tout type d’urgence, raconte M. Arbour. Nous avons reçu des messages de près d’une dizaine de navires qui étaient prêts à aider. Les navires dont l’aide a été acceptée ont fait preuve d’une grande diligence et d’un grand esprit de collaboration. »

Le travail du JRCC Halifax n’était pas terminé. Deux autres yachts, le Furia et le Happy, avaient subi des dommages importants pendant la tempête et leurs occupants avaient besoin de secours. Le JRCC Halifax a envoyé un CP-140 Aurora de Greenwood pour voler entre les navires et évaluer leur état. L’Aurora n’est normalement pas utilisé à des fins de recherche et sauvetage, mais ses outils de surveillance et de reconnaissance lui ont permis de surveiller étroitement la situation.

Le centre de sauvetage a travaillé avec nos partenaires internationaux et a dirigé un navire de recherches, le Thor Magni, et un navire marchand, l’ALP Forward, vers les navires en détresse, où les quatre membres d’équipage ont pu être secourus.

Un quatrième navire, l’Illumia, a pu quitter la zone de la violente tempête mais a été gravement endommagée. Le capitaine John McSheffrey, commandant d’un aéronef CH-149 Cormorant du 103e Escadron de recherche et de sauvetage à Gander, à Terre-Neuve, a été appelé le 11 juin. Le navire se trouvait à environ 350 miles nautiques du rivage, ce qui est au-delà du rayon d’action normal du Cormorant.

« Le navire était à la dérive et n’allait jamais se rapprocher davantage. Et la situation semblait plutôt sérieuse, en raison de la tempête, explique le capitaine McSheffrey. La seule façon d’accomplir cette mission était de faire le plein sur une plate-forme pétrolière à l’aller et au retour. Nous ne faisons pas cela normalement. »

Date de modification :