Des essais définissent l’avenir de l’Armée en Arctique

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L’Armée canadienne (AC) suit une démarche à long terme qui vise à faire l’essai de deux nouveaux véhicules. Elle souhaite ainsi faire en sorte que les soldats soient capables de se déplacer efficacement sur les terrains difficiles de l’Arctique.

L’AC a fait l’achat de huit Argo XT, petit véhicule chenillé de soutien d’unité, ainsi que de vingt motoneiges à moteur diesel D900, dans le cadre de ce qu’on appelle une entente « d’achat et de mise à l’essai ».

L’AC ne prévoit pas faire de ces véhicules un élément permanent de son arsenal, explique le major Peter Chan, directeur du Projet sur la mobilité dans l’Arctique de l’AC, qui est en cours. Ceux-ci serviront plutôt à déterminer les caractéristiques et les capacités précises qui répondront le mieux aux besoins de l’Armée dans le Grand Nord.

Selon le Maj Chan, l’isolement et le climat de l’Arctique ont toujours constitué des difficultés pour les FAC. La région présente un grand nombre de terrains difficiles à franchir, notamment des nappes glaciaires, divers types de neige et de muskeg, un terme algonquin qui désigne les fondrières de mousse formées au cours des 10 000 dernières années dans des zones recouvertes par des glaciers au cours de la dernière ère glaciaire.

« Essentiellement, on y trouve une grande variété de terrains », précise le Maj Chan. « Un seul véhicule ne saurait avoir la capacité de tous les traverser. »

Selon l’échéancier actuel du projet, les soldats disposeront des nouveaux véhicules d’ici 2025. Ceux-ci remplaceront le BV206, véhicule de transport tout-terrain à chenilles, entré en service en 1983. Le parc de BV206 a fait l’objet de modernisation de 1998 à 2001. On a récemment approuvé le financement permettant de prolonger sa vie utile au moins jusqu’en 2022 en remplaçant les moteurs et les transmissions.

Comme l’explique le Maj Chan, malgré ces mises à niveau, l’âge du parc fait en sorte que les pièces de rechange deviennent difficiles à trouver, alors l’Armée agit maintenant pour choisir des remplacements efficaces en temps opportun. L’Argo XT et la D900 pourront aussi répondre à tout besoin provisoire survenant avant l’arrivée des nouveaux véhicules, en 2025.

La moitié des Argo XT se trouvent à Yellowknife, dans les Territoires-du-Nord-Ouest, où des militaires de la Force opérationnelle interarmées (Nord) s’en servent. Le reste se trouve à la BFC Wainwright, en Alberta. Le constructeur, Argo, a adapté le XT aux activités de l’AC en y ajoutant une cabine fermée, un dispositif permettant de transporter des civières, ainsi qu’un support à bidon de carburant militaire.

« Nous allons mettre les véhicules à l’essai à ces endroits et évaluer leurs capacités en terrain difficile. Cette démarche nous permettra de définir nos exigences réelles et obligatoires en vue d’achats futurs », ajoute le Maj Chan.

La D900 est une motoneige unique dans la mesure où c’est la seule qui soit construite à des fins militaires. Selon le Maj Chan, son moteur diesel consomme beaucoup moins de carburant que les autres véhicules de son genre, ce qui est un facteur à ne pas négliger lors d’opérations dans l’Arctique.

« Peu de constructeurs font des motoneiges à moteur diesel. Puisque le carburant est une ressource précieuse dans le Nord, nous évaluons le fonctionnement d’un moteur au diesel en Arctique. Nous devons apporter tout ce dont nous avons besoin dans les régions nordiques. Il n’est pas question de nous rendre au poste d’essence pour faire le plein. »

Durant l’hiver de 2015-2016, la D900 servira aux patrouilles des Rangers canadiens et dans le cadre du cours d’observateur et de conseiller de l’Arctique de l’Armée, durant lequel les soldats reçoivent une formation en survie dans l’Arctique.

La D900 et l’ARGO XT feront aussi l’objet d’essais par Recherche et développement pour la défense Canada (RDDC). De plus, les véhicules serviront pendant l’Expérience interarmées dans l’Arctique (EIA), en 2016. L’EIA, qui a lieu tous les deux ans, permet d’évaluer scientifiquement l’équipement des trois éléments des FAC.

Pendant que l’Armée détermine si les véhicules conviennent au milieu, RDDC procédera à des évaluations plus techniques de caractéristiques comme l’économie de carburant, ajoute le Maj Chan.

« En 2016, ces deux véhicules constitueront la contribution de l’Armée à l’EIA. RDDC les étudiera d’un point de vue purement scientifique, tandis que je les examinerai dans la perspective globale de l’Armée », conclut le Maj Chan.

English/Anglais  LC2008_0314_9.jpg  11 March 2008  Ex Frigid Wabusk, Moosonee, Ontario    The BV-206 all terrain vehicle is of great help when carrying troops and equipment over snow, swamps, and other challenging terrain. This BV-206 took part in Exercise Frigid Wabusk in Moosonee, Ontario, which saw 95 soldiers from 32 Brigade practice their winter survival skills under the watchful eyes of the Canadian Rangers. Photo : Sgt Greg Fedorov   Français/French LC2008-0314-9 11 mars 2008 Ex Frigid Wabusk, Moosonee (Ontario) Le véhicule tout-terrain BV-206 est très utile pour transporter des troupes et du matériel dans la neige, dans des marécages et dans d’autres endroits peu praticables. Le véhicule que l’on aperçoit a été utilisé pour l’exercice Frigid Wabusk à Moosonee (Ontario) au cours duquel environ 95 soldats de la 32e Brigade ont mis en pratique leurs connaissances sur la survie en hiver, sous l’œil vigilant des Rangers canadiens. Photo : Sgt Greg Fedorov

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