Profil Invictus : le sgt (ret) Kevin Nanson

Le sergent Kevin Nanson (à la retraite) est un des athlètes de l’équipe canadienne aux Jeux Invictus 2017, qui participera aux épreuves d’athlétisme et de rugby en fauteuil roulant en septembre prochain, à Toronto.

Le sergent Kevin Nanson (à la retraite) est un des athlètes de l’équipe canadienne aux Jeux Invictus 2017, qui participera aux épreuves d’athlétisme et de rugby en fauteuil roulant en septembre prochain, à Toronto.

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Kevin Nanson ne se souvient pas de la chanson qui a accompagné la première danse à son mariage. Il n’a presque plus de sensation dans ses jambes et ses bras, et ne sent plus ses pieds. Pourtant, ce sergent retraité de l’Armée canadienne refuse de se laisser abattre – bien que le premier handicap cause un peu de friction dans son couple, à la veille de son 20e anniversaire de mariage.

« J’ai été gravement blessé en Afghanistan en 2008, lorsque le véhicule de patrouille blindé RG‑31 dans lequel je me trouvais a roulé sur une bombe en bordure de route. J’ai eu trois fractures au dos, neuf fractures au visage, et une partie de mon crâne s’est déplacée. J’ai souffert d’un grave traumatisme cérébral, d’un trouble progressif du système nerveux central et de maux de tête post-traumatiques. J’ai aussi perdu la sensation dans mes jambes, mes mains et la majorité de mon corps, explique Kevin, un des athlètes de l’équipe canadienne aux Jeux Invictus 2017, qui participera aux épreuves d’athlétisme et de rugby en fauteuil roulant en septembre prochain, à Toronto.

Kevin avoue avoir passé des moments difficiles après son accident, mais son approche pragmatique lui a permis de s’en sortir.

« C’était dur quand j’ai réalisé que je ne me rétablirais jamais et que je ne serais plus jamais l’homme que j’étais. J’ai finalement dû accepter le fait que je passerais le reste de ma vie en fauteuil roulant. Ça ne voulait pas dire que ma vie était finie, mais plutôt qu’elle serait différente. Je peux encore faire tout ce que je faisais avant, mais différemment », affirme-t-il.

Kevin a réussi à adopter un nouveau mode de vie en partie grâce à sa capacité de demander de l’aide, bien qu’à contrecœur. Peu après être entré en contact avec l’équipe du programme Sans limites, il jouait au hockey sur luge, un sport qu’il pratique encore. Sans limites est le programme des Forces armées canadiennes qui aide les militaires en service et les vétérans à vaincre une blessure ou une maladie physique ou mentale grâce à l’activité physique et au sport.

« Ce qui me manquait vraiment, c’était l’aspect physique du travail dans l’Armée. C’est ce qui me manquait le plus, même si c’était ce que j’aimais le moins quand j’étais dans l’Armée. J’étais le gros de l’équipe », déclare-t-il.

Sans limites fait encore partie de la vie de Kevin. Il lui fournit de l’équipement et un encadrement dans d’autres sports que le hockey sur luge, ainsi que des occasions nécessaires et plus que bienvenues de socialiser avec des soldats malades ou blessés.

« J’ai été l’un des premiers à obtenir ce type de fauteuil roulant par l’intermédiaire de Sans limites, explique Kevin pendant un entraînement sur piste à la première période d’entraînement de l’équipe canadienne des Jeux Invictus 2017, à Esquimalt, en Colombie-Britannique. Avec ce fauteuil, je peux dévier ma trajectoire pour suivre les couloirs de la piste. Ça me fait sortir de la maison. Grâce à ce fauteuil, je suis beaucoup plus libre et je peux faire plus de choses. L’été dernier, j’ai participé à des courses de 10 kilomètres. Maintenant, ce sont les Jeux Invictus. »

Kevin, qui vit à Gibson, en Alberta, est l’un des 90 athlètes canadiens qui participeront aux Jeux Invictus du 23 au 30 septembre à Toronto, en Ontario. Sans limites gère l’équipe et fournit l’équipement ainsi que des entraîneurs hautement qualifiés.

« Les Jeux me permettent de représenter de nouveau mon pays, de porter un uniforme et de travailler dans une équipe pour atteindre un objectif plus noble, et cela pendant le 150e anniversaire du Canada. Les mots me manquent pour décrire le sentiment de fierté et de réalisation qui m’habitent », s’exclame-t-il.

Pour Kevin, qui parle avec aisance de ses blessures et de sa maladie mentale, une partie du processus de rééducation a été particulièrement difficile.

« Le plus dur de tout, ça a été de faire le premier pas : me présenter, écrire le courriel et téléphoner. Après coup, je me dis toujours que c’était la meilleure chose à faire! »

Mais là où Kevin ne rencontre aucune difficulté, c’est pour se faire pardonner de son épouse à l’approche de son 20e anniversaire de mariage. « Je ne me souviens peut-être pas de la chanson de notre première danse, mais regardez ça », dit-il en pointant le muscle de son cou sur lequel est fraîchement tatoué le nom « Kimberly ». On peut dire que Kevin Nanson n’a jamais rencontré de défi qu’il ne pouvait relever!

Pour obtenir plus de renseignements, consultez le site Web de l’Équipe Canada aux Jeux Invictus – Toronto 2017.

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